Advienne que pourra

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Après Il Divo et La Grande Belleza, le surdoué Paolo Sorrentino ajoute un chapitre à ce qui pourrait être une trilogie officieuse. En effet, Youth scrute dans une veine Proustienne et mélancolique, la quête existentielle de ses personnages à travers leur rapport au temps et à la mort. Cette fois, nos « héros » sont des personnes d’un certain âge comme on dit et ont l’essentiel de leur vie derrière eux. Ce qui rends leur quête encore plus touchante.

Harvey Keitel et Michel Caine sont absolument bouleversants dans leurs portraits de ces deux hommes en fin de course. L’hôtel suisse où ils logent est semblable à des limbes à l’intérieur desquelles ils errent au gré de leurs rencontres et états d’âmes : Qu’est-ce qu’un souvenir ? , Que faire lorsque la mort approche ? L’attendre, ou continuer à vivre comme si elle n’existait pas ? Ces questions après tout, sont aussi valables à 20 ans qu’à 80 ans, chaque jour qui passe nous rapprochant des quatre planches. L’immense talent des deux acteurs principaux nous met en empathie totale avec leurs personnages. Dans cet entre-deux mondes ils rencontrent également un acteur frustré, un sosie asthmatique de Maradona, une Miss Univers pas si stupide que cela ainsi que les figures de Karl Marx et Adolf Hitler.

Comme pour ses efforts précédents, Paolo Sorrentino enveloppe son film d’un écrin somptueux : la photo, les cadrages millimétrés, la musique, tout est beau et élégant. Cette perfection formelle faisant encore davantage ressortir la noirceur du propos.

Véritable ode à la vie, cette chronique douce-amère méritait amplement la Palme d’Or. N’en déplaise à M Jacques Audiard.

Fouad Boudar