L’Apocalypse n’aura pas lieu

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L’essor du X

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Longtemps bridées par les limites des effets spéciaux, les adaptations de comics au cinéma ont connu leur essor au tout début des années 2000; le terrain ayant été préparé par des réussites inespérées comme l’adaptation de Blade (Stephen Noringhton-1998).

Fort d’un matériau passionnant et d’une technologie enfin mature, Bryan Singer livra en 2000 “X Men”, une réussite totale qui lança la production des comic-book movies à un rythme industriel. “X Men 2” et le faiblard “X Men 3” (2003-2006) clorent une première trilogie globalement homogène qui se différencia par une approche sérieuse et dramatique de la figure du super héros en présentant les mutants comme des êtres anormaux, victimes de discrimination.

 

L’Ecole du X

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Après un hiatus de cinq ans, le surdoué Matthew Vaughn relança la saga avec son “X Men First Class”. Soit les débuts des X Men. Doté d’un casting rajeuni, et baignant dans une atmosphère délicieusement années soixante, le film est un régal et demeure, à ce jour, le meilleur volet.

Dans une volonté de reprendre le contrôle de la saga, Singer nous livre en 2014 “X men Days of Future Past”. Très réussi, il assure la continuité avec “First Class” en conservant le parfum vintage et en mêlant le nouveau casting à l’ancien. Il en profite au passage pour effacer totalement “X Men 3” grâce à une pirouette scénaristique.

“X Men Apocalypse” est sa suite directe et clos cette seconde trilogie. Bien que très plaisant à regarder, il constitue une étrange stagnation. La faute à un scénario bâclé et à un manque de cohérence dans le traitement de ses personnages.

 

La Fin du X

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Comme le disait Hitchcock, un bon film commence par un bon méchant. Ici, Sabah Nur, le premier mutant de l’Histoire n’est pas à la hauteur de l’effroi qu’il promet. Incarné par l’excellent Oscar Isaac (ce qui n’était clairement pas le bon choix), Apocalypse s’avère insipide et ne parvient à aucun moment à susciter la terreur. Sans envergure et il ne fait tout simplement pas peur. Du coup, on n’attache plus aucune attention à ses actions et le film nous perd.

Ses quatre cavaliers de l’Apocalypse, ne parviennent pas à limiter la casse, étant eux même aussi décevants et mal définis.

Dans le camps des X Men, on retrouve les personnages des deux précédents films et d’autres en version rajeunie. Même s’ils sont agréablement tenus par d’excellents acteurs, ils ne sont pas suffisamment fouillés pour que  l’on s’attache à eux. Mention spéciale cependant à Sophie Turner dans la peau de Jean Grey.

Elle seule parvient à insuffler un peu de profondeur et d’émotion à son personnage. Quant à Quicksilver, il nous réserve encore une fois la meilleure scène du film. Magnéto est le plus décevant car il n’a pas évolué depuis trois films. Enfermé dans la peau du mutant gentil-mais-qui-devient-méchant-car-il-a-beaucoup-souffert-mais-qui-est-toujours-un-peu-gentil-quand-même il réussit à devenir ennuyeux. Un comble pour un personnage aussi mythique !

Au rayon «  What the Fuck  ?  » Mystic remporte la Palme car, au mépris total de ses origines et de son destin dans les prochains volets, le scénario en fait une chef de guerre  ; Jennifer Lawrence l’interprétant exactement comme son personnage de Katniss Everdeen dans la trilogie Hunger Games.

Le sentiment de stagnation est renforcé par des séquences entières calquées sur les précédents opus. Comme si, en panne d’inspiration, Bryan Singer se contentait de se «  singer  ».

Le film aurait pu être sauvé par une mise en scène au niveau de l’ampleur des évènements qu’il nous montre. Ce n’est malheureusement pas le cas ici. Bien que très appliqué, le cinéaste emballe son travail de manière très conventionnelle sans aucun sens de l’épique ni souffle émotionnel. Ce qui est dommage pour un film sous-titré «  Apocalypse  ».

Bon produit hollywoodien, ce film X est cependant le plus faible de toute la saga. Bâclé dans son écriture et son exécution il ne tient pas ses promesses.

Fouad Boudar