Western de banlieue

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Quand musique et violence se mêlent à un milieu de jeunes en situation d’exclusion, cela donne « Geronimo ». Sous de faux airs de West Side Story, le dernier film  de Tony Gatlif confronte deux familles rivales : l’une turque et l’autre gitane. Au milieu de cette tension, on retrouve Gemma, alias Geronimo, interprétée par la toujours épatante Céline Sallette qui avait su nous bouleverser dans le magnifique « mon âme par toi guéri » de François Dupeyron, avant de s’installer via la télévision dans un rôle récurrent avec « Les revenants ».

Son personnage est le point de convergence entre ces deux clans, mais surtout le pilier de l’histoire. Filant la métaphore, l’auteur fait de son héroïne l’image symbolique du sage, du guerrier apache dont elle partage le nom, Geronimo tient le destin des protagonistes sur ses frêles épaules. Un scénario pas vraiment subtil, toutefois sauvé par un casting éblouissant dont on retiendra en premier lieu le Belge David Murgia, déjà vu à son avantage dans le « Je te survivrai » de Sylvestre Sbille ; la plupart des autres protagonistes étant novices comme souvent dans le cinéma de Tony Gatlif. Bien loin de l’univers des Capulet et des Montaigu,  «Geronimo » fait écho au « Romeo et Juliette » de Baz Lurhmann.

 Le film tourne autour d’une liberté sentimentale pleinement revendiquée que ces familles très traditionnelles n’acceptent pas forcément. Loin d’un romantisme à l’eau de rose, c’est une relation interdite qui est décrite, n’hésitant pas à pousser le spectateur dans son opposition. La réalisation de Gatlif est impliquée culturellement et nous implique aussi. Il dénonce de nouveau les pratiques des communautés traditionalistes, surtout dans une société actuelle où la défense des valeurs est devenue une priorité. C’est à travers des « battles » musicales, essentiellement improvisées, que se confrontent ses communautés. Magnifique œuvre visuelle et auditive, « Geronimo » reste une œuvre  énergique et inspirée à découvrir absolument.

Jessica Paprocki