Voyage au bout de l'enfer

408549_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Pour sa nouvelle réalisation, l’Américaine Angelina Jolie s’est inspirée de la biographie de Laura Hillenbrand consacrée à la vie de l’athlète et prisonnier de guerre américain, M. Louis Zamperini paru en 2010.

Nous connaissons tous, plus ou moins,l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, dont la pire des conséquences fut assurément le génocide des Juifs d’Europe centrale. Moins connu fut le sort réservé aux prisonniers de guerre, particulièrement ceux tombés sous la coupe des Japonais, zélés alliés des criminels nazis. Pour les militaristes nippons, prisonnier rimait bien trop souvent avec esclave. Les souffrances endurées furent aussi bien d’ordre physiques que psychologiques.  Parmi ces victimes figurait donc Louis Zamperini qui tout jeune fut un sprinteur de haut niveau Il était surnommé par les observateurs la tornade de Torrance; il participa ainsi aux Jeux Olympiques de 1936 qui se déroulèrent, dans la capitale du Reich, Berlin. Il croisapour l’occasion la route au côté d’un autre grand champion, l’athlète afro-américain Jesse Owens ( ce dernier n’est d’ailleurs étrangement jamais évoqué dans le film). Alors que ses performances en terre allemande furent perçues comme un joli camouflet aux théories raciales d’Hitler et de sa clique, Goebbels en tête.

Quelques années plus tard, nous retrouvons notre héros dans l’US Air Force, où il participa activement à l’effort de guerre de sa patrie contre les troupes de l’Axe, lors du second conflit mondial. Après avoir survécu à l’attaque de son appareil, il se retrouva avec deux camarades en pleine mer sur un radeau de fortune, dérivant quarante-sept jours durant, pour finir par être capturé par des soldats japonais qui lui firent subir les pires souffrances jusqu’à la fin de la guerre dans un camp de prisonniers Le malheureux y sera le principal souffre-douleur du tristement fameux sergent Watanabe, La réalisatrice signe là un long métrage aussi efficace qu’émouvant, elle arrive avec brio à transposer à l’écran cette histoire en  mettant en parallèle l’enfance de son personnage et ses années de guerre.  Elle nous permet ainsi de découvrir un aspect, somme toute, original de la guerre, Le film est porté par un casting totalement masculin. Le principal protagoniste est Jack O’Connell révélé par la série “Skins” où il tenait le rôle de la tête brûlée James Cook, Il compose une performance absolument remarquable; Face à lui, le sadique sergent Watanabe est incarné par le chanteur japonais Miyavi, tout aussi convaincant. Nous noterons également la présence de Garrett Hedlund, vu dernièrement dans  “Inside Llewin Davis” le chef d’oeuvre des frères Coen, scénaristes de “Invincible” soit dit en passant.

Difficile cependant pour les cinéphiles de ne pas comparer le travail de la fille de Jon Voight avec le classique de David Lean.  Le bourreau nippon est quasiment un clone du tyrannique colonel Saito qui brimait son prisonnier le colonel Nicholson dans “Le pont de la riviére Kwai”. Mais à force de nous focaliser sur les rapports entre les deux principaux protagonistes, la cinéaste néglige trop le réalisme. Mais faisons fi de ses petits détails secondaires qui ne nous empêcheront pas d’apprécier à sa juste valeur ce film poignant, qui mérite largement le détour.

JULIEN IMPE