Virée dans les bois

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« Into the woods : Promenons nous dans les bois » retrace l’histoire des contes populaires célèbres pour enfants. Ici, les personnages sortis tout droit des contes des frères Grimm et de Charles Perrault pour la plupart, se retrouvent et interagissent dans les bois. Par l’intermédiaire du boulanger et de sa femme, lancés dans une quête afin de contrecarrer leur sort et lever le sortilège les empêchant de concevoir un enfant, nous faisons de nouveau connaissance avec les protagonistes qui ont bercé notre enfance.

Il s’agit de la toute première adaptation par « The Walt Disney Company » d’une comédie musicale de Broadway intitulée « Into the woods ». Créée en 1986 par Stephen Sondheim, qui fut notamment le parolier de la comédie « West Side Story » et James Lapine, plus novice dans ce domaine. Et c’est Rob Marshall qui est aux commandes. Pas étonnant qu’il n’ait pas reculé devant un tel challenge puisqu’il avait réalisé « Pirates des Caraïbes : la fontaine de Jouvence » en 2011. Après plusieurs tentatives, dont la première date de 1994, ce « musical » a enfin trouvé l’homme de la situation pour le transposer à l’écran, notamment grâce à sa collaboration avec les deux créateurs de la pièce.

Le choix des acteurs est sans nulle doute incontestable. Meryl Streep, qui s’était déjà mise à chanter auparavant dans « Mamma Mia », également adapté d’une comédie musicale à l’origine, nous revient en ce début d’année dans le rôle de l’affreuse sorcière, qu’elle incarne avec beaucoup de justesse. Du côté des « gentils » on retrouve Emily Blunt (« Le Diable s’habille en Prada », « Arthur Newman »), James Corden (« Les voyages de Gulliver »), Anna Kenndrick (« Twilight », « Pitch Perfect ») ou encore Chris Pine (« Star Trek », « Unstoppable ») pour qui les rôles semblent avoir été écrits sur mesure, et qui leur collent à la peau. Et qui de mieux que Johnny Depp pour compléter le casting, qui nous montre une fois de plus l’étendue de son talent grâce à son interprétation mémorable du « grand méchant loup ». Le comédien signe donc à la fois sa deuxième participation à un film de Rob Marshall, ainsi qu’à une comédie signée Sondheim, puisqu’ils avaient travaillé ensemble dans « Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street ».

Même si quelques uns étaient déjà connus pour leurs capacités à pousser la chansonnette, d’autres s’avèrent être de véritables révélations. Ce qui est principalement le cas de Daniel Huttlestone, vu précédemment en 2012 dans « Les Misérables » et Lilla Crawford, les jeunes interprètes de Jack (et le haricot magique) et du Petit Chaperon Rouge. Le travail de préparation de l’équipe toute entière, aura certes demandé beaucoup de temps et d’énergie mais les répétitions intensives se seront montrées payantes : les artistes agissent en parfaite harmonie et le rendu en devient bluffant.

De nombreux long-métrages et réalisations en tous genres ont mis à l’écran les contes populaires présents ici et autour desquels se construit cette comédie musicale. Et bien que beaucoup d’entre eux ont déjà fait l’objet de dessins animés produits par cette même compagnie (Walt Disney), nous sommes ici bien loin des « Happy ends » communs aux films d’animations ; nous sommes bel et bien en présence d’un tout autre registre. Cette nouvelle interprétation garde malgré tout certains des codes fondamentaux au genre, et commence par la formule incontournable « Il était une fois ».

Bien que le scénario soit proche des intrigues originales, cette nouvelle version porte la touche personnelle de James Lapine, qui n’hésite pas à détourner les mythes originaux et les aborder d’un nouvel œil. Les personnages en deviennent parfois caricaturaux, ce qui contribue au côté satirique de cette production. Le « prince charmant » confiera lui-même à sa belle Cendrillon « on m’a appris à être charmant, pas sincère. »

Petit bémol tout de même : bien que les morceaux soient entraînants et motivants, les chansons et extraits musicaux restent trop semblables les uns des autres. Le public a donc le sentiment d’avoir une seule et même chanson, qui serait reprise à différents moments du film. Ce phénomène peut être très probablement attribué aux modifications apportées au spectacle d’origine : certains numéros ont été supprimés par l’auteur Stephen Sondheim, alors que d’autres ont été créées uniquement pour cette occasion.

Ludivine TOLLITTE