Le Plein d’émotions

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En baisse de régime depuis l’extraordinaire “Toy Story 3” (2010), Pixar semblait tourner en rond pour ce qui est de la créativité et de l’audace. “Cars 2”, “Rebelle” et “Monster Academy”, loin d’être honteux, étaient en dessous de la qualité à laquelle il nous avait habitué. C’est que depuis 1995 et la sortie du fondateur “Toy Story”, le film d’animation a connu moultes bouleversements. Des concurrents sont apparus (Dreamworks en tête) pour proposer d’excellents films et Pixar s’est fait racheter par Disney. Nul doute que ce petit passage à vide de cinq ans était nécessaire pour à la fois finaliser la « digestion » par Disney et réfléchir à de nouvelles histoires.

Réalisé par Pete Docter, un pilier du studio à qui l’on doit “Monstres et Compagnie”, “Vice-Versa” marque les retrouvailles de Pixar avec les concepts casse-gueule  transcendés par un scénario de génie, avec la magie de ses débuts et et j’espère pour très longtemps encore.

Visuellement, le film renonce au photo réalisme et au tour de force technique pour un graphisme épuré presque enfantin. Mais je ne vous cache pas qu’il m’a fallu vingt minutes pour me familiariser avec lui tellement son ambition est déstabilisante. Les différentes émotions qui nous guident au quotidien deviennent ici de vrais personnages. Passé ce temps d’adaptation, j’accepte ce va et vient entre l’intérieur et l’extérieur, tellement le scénario est absolument génial. Il rend palpable un univers difficile à appréhender : celui des pensées et des émotions.

Bourré d’idées de génie, le dernier long-métrage de Pixar est un grand huit émotionnel qui vous fera rire mais également pleurer. Car loin d’être un hymne à la joie et à la positivité béates, “Vice-Versa” fait preuve d’une grande finesse en reconnaissant à chaque émotion sa valeur et son utilité.

Feu d’artifice émotionnel, d’une ambition folle et par moments d’une noirceur bouleversante, Pixar signe ici un retour vertigineux.

 

Fouad Boudar