Vamos à la playa !

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[REC] 4 s’annonce comme être le dernier de la franchise [REC], comment doit-on interpréter la nouvelle ? Plutôt d’une manière positive si l’on est un puriste du film de contamination tendance zombies. Plutôt d’une manière nostalgique style « la fin d’un temps » si on est fan de la première heure de la série (notez que l’espoir est permis qu’il soit commis un cinquième opus, la loi du genre voulant que la fin d’un épisode, même catégorisé « épisode final », soit ouverte. Permettra-t-il de retrouver Manuela Velasco dans le rôle d’Ángela Vidal la journaliste possédée ?

Les bases de la saga [REC]

[REC] et [REC] 2 ont été coréalisés par Jaume Balagueró et Paco Plaza, [REC] 3 Genesis par Paco Plaza et [REC] 4 Apocalypse par Jaume Balagueró

Dans [REC] 1 un immeuble de Barcelone vit soudainement un phénomène étrange de mutation humaine alors qu’Ángela Vidal, journaliste TV, suit avec son caméraman l’intervention des pompiers au cœur de ce lieu qui sera bientôt mis en quarantaine. La solution de l’histoire se trouve au grenier de l’immeuble, Tristana Medeiros, une jeune fille possédée d’une dizaine d’années y a subie des expériences médicales commanditées par le Vatican afin d’empêcher son mal de se rependre. La visite du grenier sera fatale à Ángela Vidal et à son cameraman qui croiseront sur leur route cette Tristana Medeiros.

[REC] 2 se situe juste après le premier opus de la saga et suit un groupe d’intervention policière partir à la recherche d’un échantillon de sang de Tristana Medeiros afin de constituer un antidote à l’infection. Tout aurait pu aller au mieux dans le meilleur des mondes si un groupe d’ados, suite à un sujet tv, n’avait voulu participer à l’action pour l’adrénaline que cela apporte. Les derniers survivants du jeu de massacre apprendront qu’Ángela a survécu, mais qu’elle est devenue possédée, Tristana lui ayant transmis le vers fruit de son infection.

[REC] 3 Genesis voit son action se dérouler en parallèle à celle des deux premiers épisodes de la saga. L’action se déroule au cœur du mariage de de Clara et de Koldo qui se retrouve rapidement être contaminé par le virus, s’en suivra un slasher zombiesque en bonne et due forme. Pas de survivants.

[REC] 4 Apocalypse est la suite directe du second opus de la saga. L’Etat Espagnol envoie une unité d’intervention détruire l’immeuble infecté originel et tombe sur Ángela Vidal, la dernière survivante. En compagnie de quelques survivants, dont un du mariage, Ángela se retrouvera mis en quarantaine sur un bateau où une équipe médicale effectue des recherches sur le virus. L’équipage ne va pas tarder à muter …

Le quatrième épisode de [Rec] peut se voir indépendamment des deux, voire des trois premiers épisodes de la saga, le minimum à savoir sera distillé au fil du film.

Quoi de neuf, docteur ?

Rien de nouveau sous le soleil, [REC] 4 Apocalypse se laisse voir comme un film de contamination de plus, son spectacle est honnête mais est loin d’être aussi novateur que le premier opus, voire le second ! On notera que les infectés deviennent d’une force herculéenne (Romero a au moins un émule en la personne de Jaume Balagueró) et que le meilleur moyen de s’en débarrasser est toujours de leur fendre le crâne. Le massacre au moteur de hors-bord est bien trouvé. Les scènes d’actions arrivent tard dans le film et manquent souvent de lisibilité. Reste le plaisir de retrouver Ángela Vidal (Manuela Velasco) en Lieutenant Ellen L. Ripley de la saga Alien en puissance, les autres personnages sont quant à eux transparents.

[REC] 4, l’épisode de trop ?

[REC] 4 donne l’impression que Jaume Balagueró, le co-réalisateur des deux premiers épisodes de la saga, a balayé les fondamentaux de sa série (nous pouvons comprendre cette logique, mais [REC] 4 est alors un film normal surfant sur un univers que le spectateur connait). Ainsi dans ce quatrième épisode de la franchise il n’y est plus question de religion, mais d’expériences scientifiques, la réflexion sur les médias et le pouvoir des images est abandonnée ainsi que le tournage en caméra subjective (le « found-footage »). Où est « l’apocalypse » (supposée mondiale !) annoncée par le titre ? Tout comme les épisodes précédents [REC] 4 se tient dans un lieu clos (le bateau est cependant une bonne idée, mais ne supporte pas la comparaison avec « Alien »).

[REC] 4 décevra l’amateur du genre, comme le fan de la première heure (qui bien souvent sont les mêmes), quel dommage. Surtout, cet épisode dit « final » n’apporte aucune solution à l’histoire, ce qui est frustrant. En lot de consolation, l’aficionado pourra se tourner vers la version comics de la saga, elle développe les richesses de l’univers initial des trois premiers films et est orchestrée par Jaume Balagueró et Paco Plaza, les pères fondateurs de la franchise.

François Cappeliez