United Colors

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Jouer avec les clichés sur le racisme, telle fut l’ambition de Philippe de Chauveron à l’heure où il abandonnait enfin l’élève Ducobu à son sort. Deux films sur un sujet, mince comme un papier à cigarettes, paraissant plus que suffisant, il était temps de renouveler ses centres d’intérêt. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le réalisateur a touché le jackpot. Cette comédie communautariste familiale sur le thème de la mixité semblait n’attendre que son public. D’un côté des parents conservateurs, genre vieille France catholique et chrétienne, incarnée par Chantal Lauby et Christian Clavier qui partagent l’affiche pour la sixième fois et de l’autre une pléiade de jeunes acteurs prometteurs.

Tout le scénario repose dès lors sur un socle simplissime: le choc des cultures. Et l’histoire ne recule devant aucun cliché : les origines des gendres, qu’ils soient asiatique, juif ou arabe, offrent un véritable catalogue de blagues prévisibles. Il ne restera plus qu’à enfoncer le clou en ajoutant à cette arche de Noé une belle famille africaine. La goutte d’eau colorée qui fera déborder le vase traditionnaliste. Pourquoi, comment ? Mystère. Le reste sent le réchauffé : l’implosion de la cellule familiale à grands coups de règlements de compte. Déjà vu, et en mieux avant et ailleurs. Citons « Tellement proches » du tandem Tolédano/Nakache, voire « Un air de famille» du couple Bacri/Jaoui. Les biens pensants se réjouiront de cette dénonciation de la xénophobie ; les exigeants rétorqueront que cela n’a rien de révolutionnaire.

Au-delà de cette dénonciation à la petite semaine, les puristes s’amuseront des performances d’un Christian Clavier, plus proche de l’univers propre à Louis De Funès que de celui des Bronzés ou des prestations de la jeune garde. Pascal Nzonzi, en particulier, relève le gant et s’avère un partenaire idéal pour l’ancien du Splendid. Les cinéphiles peuvent regretter cette façon systématique d’enfoncer des portes ouvertes mais le cinéma de divertissement en ce début du 21ème siècle préfère apparemment cultiver le politiquement correct au détriment de la réflexion.

JULIEN IMPE