Une rencontre hors du commun

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Autopsie d’une rencontre

Pierre est avocat, Elsa, écrivain(e) à succès, ils incarnent respectivement la raison et la création. Le hasard des relations provoque leur rencontre, une de celles que l’on fait rarement ou que l’on ne fait jamais. Tous deux se retrouvent plus tard dans une boîte de nuit parisienne et sont pris comme dans un tourbillon, provoqué par le coup de foudre sans doute. Un baiser surgit de cet abandon réciproque. Ils dansent, ils sont seuls au monde. Ils vibrent à l’unisson. Et pourtant…

Qu’aimerait-on au fond ? Que les protagonistes de cette passion s’y abandonnent totalement ? Qu’ils consomment cette histoire pour qu’elle se consume dès lors ? Que des innocents souffrent ? (la femme trompée, l’enfant incrédule, perdu)… Où se situer dans cette folle rencontre qui surgit quand le couple s’essouffle ?

Le partie pris du quotidien

Lisa Azuelos s’est attachée, dans ses précédents films, à peindre une réalité générationnelle. Pour ce dernier, elle choisit le couple. Celui que son personnage forme avec Pierre (François Cluzet), est parfaitement équilibré mais malgré leur complicité flagrante, ils ne peuvent échapper au quotidien et donc à une certaine routine.

Le personnage incarné par Sophie Marceau, Elsa, est en revanche beaucoup plus libre : en cours de divorce, elle n’a pour attache que ses enfants. Comment imaginer alors que Pierre puisse tout quitter pour elle ? Le fera-t-il ? Vont-ils vivre cette histoire comme ils le pourraient, quitte à tout briser ?

Une narration ingénieuse

Lisa Azuelos revient avec un scénario extrêmement bien ficelé. Le traitement de l’intrigue est prodigieux. Son propos est mené avec une extrême lucidité et beaucoup de clairvoyance. Ce film décontenance et jette un pavé dans le lot commun des intrigues, celles dont on a l’habitude. Une rencontre est filmée et donc vécue comme elle pourrait l’être. Il ne s’agit pas d’un de ces films dont on peut prédire la fin avant même avoir vu le début. Rien que pour cette raison, Une rencontre surprend, et c’est un pur ravissement.

Des effets ébouissants

La réalisatrice donne à voir une photographie sublime, aux effets magiques. Le spectateur est pris dans un halo de lumière qui symbolise l’impression dans laquelle nos protagonistes sont plongés. Un éblouissement.

On note par ailleurs, des effets de style; Lisa Azuelos manie l’art filmique comme un écrivain dompte sa plume; les effets de caméra sont comparables à la rhétorique du romancier. On peut toutefois lui reprocher de multiplier à l’envi ces effets, mais le charme n’est pas entaché.

N’ALLEZ PAS VOIR UNE RENCONTRE, VIVEZ-LÀ. 

 

Lucie De Azevedo Felix