Un homme et une femme, il était deux fois

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Claude Lelouch présente au public depuis le 9 décembre son nouveau film “Un + une”. Le casting regroupe Elsa Zylberstein , Alice Pol, Jean Dujardin, Christopher Lambert aux côtés de l’Inde, autre personnage principal du film.

Quatre personnages, deux duos qui s’entremêlent  et au bout de l’histoire, un seul miroir. Antoine Abeilard est un compositeur français, il ne croit en rien sauf en sa musique. Sur ce point, Alice le rejoint, elle est en effet pianiste. Pour un temps, les notes les relient mais à la fin de la partition, le couple s’essouffle. Il en est de même pour Anna et Samuel. Des deux côtés, le verre se brise. Pour certains, il faudra le moment venu recoller les morceaux.

Antoine et Anna se rencontrent un soir de dîner au consulat de France de Mumbai. Ils n’ont pas grand-chose en commun. Elle, aspire à connaître les coutumes indiennes, lui, ne les comprend  pas et ne le souhaite pas. Pourtant, l’Inde les mènera l’un comme l’autre sur ses routes dans  le but de guérir leurs blessures tant physiques que spirituelles. Les deux personnages se lancent dans  une quête personnelle où l’un s’établira comme le reflet de l’autre, non sans frustration.  Ainsi, le sous continent indien s’intègre en tant que personnage principal. Colorée, vivante, élégante, le pays est  décrit à travers l’imaginaire occidental. Cette dame pimpante mène les personnages vers Amma, une allégorie de paix et d’amour à laquelle  le spectateur devrait adhérer. Le bonheur  peut être simple: regarder les paysages peut parfois être suffisant, il suffit de l’accepter. Anna incarne autrement cette idée, c’est une femme pleine de vie, désirante et prête à prendre des risques.

L’Inde est également une terre réflexive. Ainsi, le réalisateur met en alerte le spectateur sur les apparences. Les visages sont des écrans qu’il faut savoir regarder, décoder, les gros plans sont alors justifiés.  Claude Lelouch mise sur les premières impressions, les premières fois. Des flash-back défilent, le passé n’est  pas illusoire, les personnages ne peuvent y échapper. Le cinéma n’est pas non plus loin du mirage. L’auteur effectue une mise en abîme du cinéma d’abord puis de l’amour. Le réalisateur présente le septième art non pas par le biais des images mais par la musique. Elle ajoute du lyrisme à l’histoire d’Anna et d’Antoine renforcé par des plans sur la nature indienne et, l’eau via le Gange. Deux A  comme attendu. Quatre ans plus tard, à Paris, Antoine et Anna se rencontrent. Le miroir finit par se reconstituer et les deux personnages deviennent Un+ Une.

L’Inde quasi  onirique semble être ce à quoi la vie devrait ressembler pour Claude Lelouch.  Aux teintes romantiques, “Un + Une” nous présente une histoire d’amour dans un voyage à l’oriental. Le spectateur est bercé, tel le train que les personnages principaux empruntent mais n’est non plus, en fin de compte,  transporté.

Maud Charlet