Un Marvel fun et décalé

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Premier film estampillé Marvel qui ne soit pas consacré à l’un des Avengers, Les Gardiens de la Galaxie passe de l’action à l’humour en un clin d’œil. Une marque de fabrique pour la firme américaine, qui n’en finit plus d’envahir les écrans depuis six ans… Sorti mercredi dernier en France, le film de James Gunn (Super, Horribilis) fait quasiment l’unanimité. Un constat pas si fréquent ces derniers temps, pour un film qui a coûté 170 millions de dollars mais qui devrait en rapporter beaucoup plus !

Adapté du comic-book du même nom, Les Gardiens de la Galaxie c’est avant tout une trame ultra-simplifiée qui ne tergiverse pas, mais va au contraire droit au but. Dix minutes de film, six explosions, présentation des personnages et c’est parti pour deux heures de spectacle. Au niveau du pitch, là encore, rien de trop compliqué. L’aventurier Peter Quill (Chris Pratt) est recherché par plusieurs chasseurs de primes qui l’accusent d’avoir dérobé un mystérieux globe que convoitait le belliqueux Ronan l’Accusateur. Quand Quill finit par comprendre le pouvoir incroyable de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il s’allie avec un quatuor d’aliens n’ayant pas grand-chose en commun : Rocket (Bradley Cooper), un raton laveur qui dégaine plus vite que son ombre, Groot (Vin Diesel), un humanoïde à l’apparence d’un arbre, Drax le Destructeur (le catcheur Dave Bautista), qui n’est animé que par la vengeance, et la sombre Gamora (Zoe Saldana). Cette bande des plus improbables décide alors de combattre le mal et sauver le monde !

Les losers des studios Marvel

Ce qui fonctionne ici, c’est le profil de nos (anti-héros). Alors qu’Iron Man ou Thor sont connus partout dans le monde, Les Gardiens de la Galaxie (adaptation ciné des comics du même nom sorti en 1969) jouissaient jusqu’ici d’une renommée toute relative : hormis les fans de Marvel de la première heure, qui avait réellement entendu parler de cette bande de losers ? Pas grand monde. James Gunn a su retranscrire, comme les auteurs du comics-book, la perception que l’on a des personnages : les outsiders de chez Marvel. Hormis les effets spéciaux derniers cris et les scènes d’action ébouriffantes, c’est la relation entre les cinq héros qui fait la grande force du film. Ils se chamaillent, s’invectivent, redoublent de malice pour tirer leur épingle du jeu… On sort de là avec la banane, et le sentiment d’avoir assisté à un blockbuster à la sauce US en bonne et due forme. Plus qu’un simple épisode Marvel estival, Les Gardiens de la Galaxie ne révolutionne pas le genre – n’exagérons rien – mais presque. Exit les héros bodybuildés, à la chevelure parfaite et aux dents ultra-bright. Désormais on peut être un super-héros… même dans la peau d’un raton laveur dépressif ! Avec son style décalé et parodique (les fans de Star Wars y trouveront plusieurs clin d’œil), James Gunn ne s’est pas contenté de réaliser le film, il y a aussi apporté sa patte.

Meilleure démarrage de l’histoire du cinéma américain pour un film sorti au mois d’août, Les Gardiens de la Galaxie devrait continuer à cartonner ces prochaines semaines. Marvel a réussi son coup, on en redemande !

P.-G. L.