Transcendance ? N’exagérons rien.

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Il est un genre cinématographique qui fonctionne assez bien en ce moment. La science fiction, version anticipation, se fait de plus en plus l’écho des problématiques de notre XXIe siècle, le premier de l’ère numérique. A la télé, on a pu suivre l’excellente série britannique Black Mirror ou encore la dérangeante suédoise Äkta människor. Et dans les salles obscures, l’envoutant Her nous a proposé en ce début d’année 2014 une vision très poétique de l’évolution de notre société numérique. Transcendance, premier film de Wally Pfister, nous offre son pendant catastrophiste.

 

Loin d’être novice dans le monde du cinéma, Wally Pfister fut directeur de la photographie pour de nombreux films, et pas des moindres : Memento, les deux Batman version Dark Knight, Le Prestige et surtout Inception, pour lequel il reçoit l’oscar de la meilleure photo.

 

Transcendance oscille entre fable apocalyptique, film d’action et récit d’anticipation. Son intrigue se nourrit des enjeux éthiques que soulève l’évolution exponentielle des possibilités numériques qu’offrent notre époque. Le film envisage la situation à travers deux avancées spectaculaires de notre temps : l’intelligence artificielle et le développement des nanotechnologies.

 

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Johnny Depp et Rebecca Hall sont un couple de scientifiques qui travaillent à créer un ordinateur qui serait doté d’une conscience. Mais le film abandonne sans doute trop rapidement les questions philosophiques relatives à ce sujet : sommes nous davantage que la somme des signaux électriques produits par notre cerveau ? Peut-on isoler l’âme humaine, pour la récréer artificiellement ? Si les questions sont posées, le réalisateur semble avoir préféré nous les illustrer par l’image, plutôt qu’avec de longs discours.

 

En effet, Transcendance se transforme peu à peu en un film d’action maladroit, qui oppose une super intelligence artificielle et un groupe de résistants, activistes anti-numérique partisans de la méthode dure.

 

L’idée originale de Transcendance est intéressante. La première partie est assez prenante, et on suit  avec une certaine fébrilité l’évolution de l’intrigue. Mais on peut regretter le mélange des genres. La partie action du film ne fait pas honneur au scénario. On a comme l’impression que le réalisateur a choisi la facilité, ne sachant plus comment boucler une intrigue aux enjeux autrement plus complexes. On en vient donc à regretter l’absence de réflexion poussée sur le sujet abordé. Transcendance est un divertissement honnête, qui aurait sans doute pu faire beaucoup mieux.

 

Louis Hecquet