Ode à la paternité

484390.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Né d’un mélange entre l’adaptation très libre du livre de Xavier de Moulins, “Un coup à prendre”, et de la vie personnelle du réalisateur, Cyril Gelblat, “Tout pour être heureux” est la nouvelle comédie dramatique mettant en scène Manu Payet et Audrey Lamy, entre autre. C’est seulement le deuxième film du réalisateur, après Les Murs Porteurs, sorti en 2008, laissant déjà la part belle au thème de la famille.

“Tout pour être heureux”, c’est l’histoire d’Antoine, père de famille bientôt quarantenaire, insatisfait de sa vie et peu investi dans son rôle familial. Totalement décrédibilisé par sa femme (et même par ses deux jeunes filles), l’homme en question finit par tout plaquer avant de finalement tout regretter. Plus tard, devant l’obligation de s’occuper seul de ses deux enfants durant deux semaines d’affiler, Antoine va peu à peu devenir un papa exemplaire et apprécier ce rôle qu’il n’avait jamais vraiment joué. Nostalgique de sa vie de famille, il va vouloir récupérer sa femme.

L’histoire du film ne fait pas rêver et parait beaucoup trop classique pour tenir en haleine le spectateur durant plus d’une heure trente. C’est là encore la triste vérité des comédies françaises actuelles, qui n’en sont pas pour autant très drôles. Définie pourtant comme une comédie, on ne s’esclaffera jamais devant “Tout pour être heureux”, mais on a une excuse : le titre le laissait plus ou moins deviner (ALERTE SPOIL : la fin, très réaliste, s’inscrit, de ce fait, en contradiction avec les films du genre). Avec cette réalisation, Cyril Gelblat a su trouver un juste milieu entre l’humour et le drame familial du divorce pour énoncer le rôle important de la paternité. On apprécie les scènes avec les deux jeunes filles, des rôles joués par Jaïa Caltagirone et Rafaèle Gelblat (la fille du réalisateur). Grâce à elles, on retrouve beaucoup de scènes assez mignonnes, représentant bien la mentalité d’une enfant de cinq ans, devant faire face au divorce de ses parents.

481734.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Surprenante Audrey Lamy

    On attendait beaucoup d’Audrey Lamy dans ce film, habituellement si drôle et si légère. Là, c’est tout l’inverse, et par la même occasion la bonne surprise de cette réalisation. Campant le rôle d’Alice, une mère travailleuse et excédée par le comportement de son mari, aucune scène humoristique n’est à mettre à l’actif de la jeune actrice. Toujours très sérieuse dans son rôle, on croit véritablement au jeune couple en galère. Son physique de « madame tout le monde », sans que cela soit une critiqu, apporte encore d’avantage au réalisme. Aure Atika (qui joue le rôle de la sœur d’Antoine), une femme qui a plus de charme, plus de charisme, et déjà vu dans une filmographie beaucoup plus garnie que celle d’Audrey Lamy, n’aurait pas eu le même impact que cette dernière face caméra. Chapeau bas donc ! De nombreuses scènes de disputes arrivent régulièrement à l’écran et nous sommes littéralement stupéfaits par son jeu très convaincant. Se retrouvant sur un plateau de tournage, six ans après “Tout ce qui brille”, Manu Payet et Audrey Lamy forment cette fois un vrai couple de cinéma, pour notre plus grand plaisir.

    Concernant les autres acteurs, nous apprécions la présence à l’écran de Pascal Demolon. Quant à la chanteuse Joe Bel, qui joue ici son propre rôle, elle voit ce film comme un tremplin pour accroître sa notoriété artistique. La majeure partie des chansons du film sont tirées de son premier album EP Hit the Road, pas de quoi s’enflammer pour autant…

    Vous l’aurez compris, “Tout pour être heureux” se classe dans les indénombrables comédies française flirtant entre les genres et dont on ne sait pas vraiment quoi penser. Si l’histoire n’a rien de bien passionnant, la prestation d’Audrey Lamy est à souligner, laissant espérer pour elle des rôles plus tragiques dans la suite de sa carrière. En tout cas, nous, on veut voir ça.

Antoine Defives