Tout ça, pour ça ?

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Une décennie après le «Banlieue 13 » de Pierre Morel, Camille Delamare, pour son premier long-métrage, nous propose une nouvelle version, située Outre Atlantique cette fois-ci, de « Brick Mansions ». A Détroit, dans un avenir proche, les quartiers périphériques sont stigmatisés. Le maire, jugeant ces endroits dangereux, établit un cordon sanitaire pour protéger la population saine des voyous et autres trafiquants en tous genres. Ne se contentant pas d’isoler les indésirables, l’édile va prôner l’éradication des asociaux. Du cinéma musclé et qui ne fait pas dans la nuance. Pas de quoi stresser un metteur en scène qui s’est fait connaître en réalisant pour la télévision quatre épisodes du « Transporteur » après avoir monté pour le cinéma le troisième opus de la franchise, « Taken 2 » et « l’immortel ». Tous, comme par hasard produit par Europacorp, la maison de Luc Besson. C’est donc logique de trouver à la genèse du projet le père de Léon.

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Le remake américain de « Banlieue 13 » était attendu par tous les fans de la version made in France. Car étonnement ce film pur terroir frenchie est culte aux Etats-Unis. Mais pour susciter un réel intérêt encore aurait-il fallu que l’on nous offre davantage qu’une simple photocopie. Or là, rien de nouveau sous le soleil. Ne reste plus dès lors qu’à se rabattre sur la distribution. David Belle, cofondateur des Parkour, plus connu sous leur pseudonyme de Yamakasi, déjà présent dans la version originale, fait équipe avec le regretté Paul Walker, spécialiste du genre. La vraie surprise du casting est incontestablement la présence de Rza, le rappeur bien connu, qui se la joue paria de la zone.

 

Nous préférons retenir, à défaut d’un scénario qui tienne la route, de magnifiques plans qui nous immergent dans les rues de ces banlieues ; effet obtenu par une synchronisation parfaite entre décors naturels et capture studio. Le tout est rythmé par une bande son saturée de rap. Mais hélas si le contenant reste passable, le contenu est souvent pitoyable. Entre scènes d’action souffreteuses, voire entièrement pompées ailleurs, discours affligeant de manichéisme et méchants caricaturaux qui semblent plus sortir des parodiques «Lascars » que de l’univers de Jean-François Richet, il faut bien reconnaitre que nous sommes plus proches du nanard que du chef d’oeuvre. A force de prendre les spectateurs pour des décérébrés la Besson Team va finir par devenir la risée des amoureux du cinéma. Une sorte de label qualité inversée. Europacorp producteur officiel de daube sur grand écran. Peu flatteur.

 

JULIEN IMPE