This is… The Voices !

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Qu’il s’en est passé du temps depuis Persepolis (le premier film de Marjane Satrapi sorti en 2007) ! Terminé le film artistique au sujet grave avec des dessins en noir et blanc, désormais : place à la bonne vieille comédie américaine, mais pas si traditionnelle… Marjane Satrapi arrive là où on ne l’attendait pas. A travers The Voices, la réalisatrice franco-iranienne signe un conte macabre, décalé et totalement déjanté ! Virage surprenant pour celle qui avait, quelques années auparavant, mis en scène avec brio les tristes conséquences de la république islamiste en Iran.

L’histoire du film tourne autour de Jerry, simple employé dans une entreprise de baignoire, fou amoureux de sa collègue de la compta’, Fiona. Bien décidé à la séduire, le pauvre homme finit par la tuer malencontreusement ainsi que plusieurs de ses collègues… Toutes ces atrocités lui sont commanditées par Mr. Moustache, son chat, au grand dam de Bosco, son chien. Les deux bêtes revêtent ainsi les costumes de l’ange et du diable qui s’affrontent dans la tête de leur maître pour lui faire entendre raison. En effet, comme son nom l’indique, The Voices fait référence aux voix que ce très cher Jerry entend, incarnées dans les têtes des cadavres et de ses deux animaux de compagnie, quand il ne prend pas ses médicaments. Peu de blagues, mais le délire continue et ne cesse de se renouveler tout au long du film car la réalisatrice va encore plus loin dans la psychose de son personnage, en le faisant par exemple discuter avec les têtes de ses victimes, habitants dans son réfrigérateur.

Au départ parti dans un grand n’importe quoi, le film se rattrape rapidement en traitant d’un sujet des plus graves : la maladie, et plus particulièrement la schizophrénie. De ce fait, plus le film avance, alors plus on prend conscience que nous sommes soumis au regard d’un esprit malade qui tente de combattre un monde trop dur avec lui. On peut souligner le très bon jeu d’acteur de Ryan Reynolds (X-Men, Buried, Green Lantern,…), qui réussit la performance de nous transmettre à merveille la fragilité du personnage et sa perte absolue de repères entre le bien et le mal.

Pas de casting démentiel, pas de scénario improbable, pas même une bande son qui casse la baraque… The Voices arrive pourtant à séduire en alternant régulièrement entre le rire et l’angoisse. Progressivement, c’est dans une sorte de descente aux enfers épicée par un humour cinglant que le film arrive à nous présenter un récit attelant du début à la fin de l’histoire. Comme un symbole, le générique de fin se déroule dans une ambiance pop très festive durant laquelle tous les personnages morts pendant le film dansent et chantent avec… Jésus (!). Grinçant et déjanté jusqu’au bout.

Antoine DEFIVES