« The Search » : un film audacieux mais qui peine à convaincre

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Trois ans après le carton mondial de « The Artist », Michel Hazanavicius revient avec un sujet beaucoup plus sérieux puisque « The Search » évoque la seconde guerre de Tchétchénie. Un projet qu’il a notamment pu mettre sur pied grâce à son statut de réalisateur oscarisé…

Parmi les nombreux films de guerre, aucun d’envergure n’avait jusqu’ici traité du conflit russo-tchétchène. C’est une des raisons pour lesquelles le cinéaste tenait à en parler. Afin d’offrir une vision globale de cet affrontement, il raconte le destin croisé de quatre personnages, et notamment celui de Bérénice Bejo, sa compagne, ici en mission dans les camps de réfugiés pour la Commission européenne des droits de l’homme. A ses côtés, Kolia, un jeune étudiant enrôlé de force par l’armée russe, Hadji est un petit tchétchène qui a quitté son village après le meurtre de ses parents et Raïssa, sa grande sœur, qui le recherche sans relâche… Avec ses différents personnages, le metteur en scène décrit l’horreur de la guerre sans toutefois tomber dans le manichéisme. Ici, il essaie d’expliquer que les Tchétchènes ne sont pas des terroristes, et que les Russes ne sont pas tous animés par les mêmes convictions. Une intention aussi sincère que louable, surtout quand on a connu les sommet avec « The Artist », qui tend à montrer le côté engagé d’Hazanavicius. Malgré les difficultés inhérentes au tournage, comme la barrière de la langue, le jonglage permanent entre français, anglais, géorgien, russe et tchétchène, la présence au casting d’acteurs non-professionnels, le réalisateur portait en lui ce projet depuis plusieurs années et n’a pas ménagé sa peine. Et le résultat final est assez déroutant. De manière assez subtile, il raconte l’horreur de la guerre à travers ce mélodrame où quatre histoires se mélangent… Des passages durs et poignants succèdent à des moments plus légers, parfois drôles, « The Search » réussit même à nous surprendre. La présence de l’actrice américaine Annette Bening (American Beauty) est également appréciable… Mais, hélas, le film pâtie d’une certaine longueur qui ne s’imposait pas (2h14) et multiplie également les clichés. S’il nous prend aux tripes à plusieurs reprises, « The Search » laisse au final une impression mitigée. Rappeler l’atrocité du conflit russo-tchétchène est une démarche respectable qu’on ne peut que souligner. Mais le film aurait gagné en efficacité s’il n’avait pas multiplié les longueurs, on apprend finalement assez peu de choses au sujet de cette guerre qui s’est déroulée à la fin des années 1990. A force de sortir trop souvent les violons, et des scènes caricaturales qui ne s’imposaient pas, « The Search » s’éloigne de son objectif initial qui était de raconter la seconde guerre de Tchétchénie à échelle humaine…

P.-G. L.