The Inherent Vice : Joaquin Phoenix en détective à la ramasse

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Trois ans après The Master, Paul Thomas Anderson (Magnolia , There Will Be Blood) revient avec Inherent Vice, un polar décalé ayant pour décor le Los Angeles hippie des seventies. L’occasion pour le cinéaste américain de collaborer à nouveau avec Joaquin Phoenix, à qui il a confié le rôle titre.

L.A., début des années 1970. Larry « Doc » Sportello, détective privé au style original, enquête sur l’étrange disparition du milliardaire Mickey Wolfmann et se trouve mêlé à une sombre affaire criminelle. Ici résumée en quelques mots, l’histoire d’Inherent Vice (Vice Caché en français) est en fait bien plus complexe. Adaptée du best-seller de l’auteur new-yorkais Thomas Pynchon, le film regorge d’intrigues à tiroirs où se croisent de nombreux personnages – dont un gang de motards néo-nazis – qu’on a bien du mal à bien identifier… Mais même si on a souvent l’impression de ne rien comprendre, l’intérêt du film est ailleurs. Il réside d’une part dans la prestation de Joaquin Phoenix incarnant ce fameux détective, de l’autre, dans la photographie du Los Angeles de l’époque.

L’interprétation du comédien est sans conteste un des grands atouts du long-métrage. Complètement défoncé à force de fumer de l’herbe jour et nuit, sujet à la paranoïa, Sportello mène son enquête en tandem avec un policier bourru (Josh Brolin), son meilleur ennemi. Cheveux longs et gras, rouflaquettes, assez sale d’apparence, sosie improbable du chanteur Neil Young, Joaquin Phoenix est habité par le rôle. Tout au long du film, il déambule dans une ville enfumée, plongée en plein dans la période du « flower power », en croisant tout un tas de seconds rôles plus loufoques les uns que les autres.

Mais cette succession de rencontres ne mène toutefois nulle part. Certains passages sont très (trop) longs, d’ailleurs les 2H20 ne s’imposaient pas. Les situations confuses s’enchaînent et on perd progressivement le fil. Avec aucune scène d’actions, et des passages assez bavards, voire soporifiques, Inherent Vice laisse un goût d’inachevé. On ne sait pas trop où le réalisateur a voulu nous emmener…

 P.-G. LESPINASSE