Robin, ce « pâle toqué »

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Si vous pensiez tout connaitre de Robin des Bois, vous vous êtes fourvoyés tant la véritable histoire de Robin de Locksley n’est pas celle que vous croyiez. Justice vient en effet d’être rendue au mythe de Robin Hood avec le dernier film d’Anthony Marciano. Le réalisateur des « Gamins » (2013) rétablit la vérité et merci à lui pour ce courage : Robin n’était qu’un simple brigand qui bossait pour sa pomme et rêvait de tenir un bar à putes ; Tuck, son comparse, était un asiatique homo, juif et arabe ; Petit Jean, qui refoulait du goulot, était à la tête du gang de Sherwood et volait aux plus riches pour donner aux plus pauvres ; quant à Marianne, cette dernière n’était qu’un tromblon prêt à se révéler et le Shérif de Nottingham était une simple crapule.

L’art de la parodie est un art difficile

Merci à Anthony Marciano et à Max Boublil d’avoir eu le courage de se mettre dans les pas des Monty Python – « Monty Python : Le Sens de la vie » (1983) – de Mel Brooks – « Sacré Robin des Bois » (1993) – pour les références à Robin Hood, et dans les pas d’Alain Chabat – « Astérix : Mission Cléopâtre » (2002) – de Michel Hazanavicius – « OSS 117 » – ou même d’Alexandre Astier – « Kaamelott » – pour d’autres références parodiques.

Merci à eux d’avoir eu l’humilité de ne pas chercher à les égaler. L’art de la parodie est de fait un art difficile ; il ne suffit pas d’avoir une bonne idée.

Il était une fois un film parfait

Sur le papier, « Robin des Bois, la véritable histoire » possède un bon postulat de départ et un casting à l’avenant : Max Boublil (Robin), Ary Abittan (Petit Jean), Malik Bentalha (Tuck), Géraldine Nakache (Marianne) et Gérard Darmon (le Shérif de Nottingham).

Dans les faits, Max Boublil se fait littéralement phagocyter par ses petits camarades de jeu. Et pourtant qu’il m’est difficile de critiquer une personne aussi sympathique que Max Boublil.

Ce long métrage aurait possédé suffisamment de références pour le plus grand plaisir du cinéphile, assez de recul à la manière d’un « OSS 117 », et une touche de réflexion politique – notez celle où Robin crée sa propre légende en distribuant l’argent aux pauvres devant Petit Jean qui pourtant en a eu l’idée le premier.

A sa tête il y aurait eu un Alain Chabat vieux briscard de la petite truanderie réalisant sur le tard qu’il vaut mieux voler les riches

On aurait pour dire alors : Il était une fois un film parfait.

Mais voilà, d’autres options ont été prises. Pour plaire sûrement à un public ado, l’humour tape tout azimut : du « pipi/caca » au comique de mots en passant par le gag à vannes dans lequel Max Boublil excelle sur scène. Et malheureusement trois pauvres running gags.

Au final, « Robin des Bois, la véritable histoire » vivra sa vie de film dans les salles de cinéma, fort d’une exposition médiatique tonitruante, Max Boublil et Malik Bentalha étant de tellement bons clients ; il se consommera en Blue Ray et l’on apprendra alors à grand renfort de bêtisiers que le tournage fut une véritable partie de plaisir ; il son téléchargement illégal battra des records; et il fera un carton lors de ses diffusions à la télévision.

 

François Cappeliez