Rien que pour vos yeux !

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En grand amoureux de comics, c’est une fois de plus vers une œuvre de Mark Millar que Matthew Vaughn s’est tourné pour son dernier film « Kingsman ». La recette ayant déjà très bien fonctionné avec « Kick Ass », Vaughn reprend la même formule pour nous livrer une fois encore un film loufoque, décalé et totalement jouissif.

Le choix de mise en scène est pourtant des plus intriguants puisque le scénario reprend tous les codes d’un film d’espionnage classique pour mieux se les réapproprier et mieux nous surprendre. Ainsi, si la première demi-heure est loin d’être passionnante à cause d’un manque flagrant d’originalité, le film prend ensuite son envol en détournant de façon jubilatoire tous les préconçus du genre pour le plus grand plaisir du spectateur. En partant d’un postulat ayant fait ses lettres de noblesse à la saga « James Bond » (un riche mégalomane souhaitant détruire le monde etc etc…), le film s’amuse à bousculer des codes trop longtemps restés ancrés dans la culture populaire, et se transforme en spectacle absolument décalé et hilarant. Le réalisateur ne cherche pas à cacher ses multiples références ou inspirations, mais les cite ouvertement sous forme d’hommages souvent drôles, parfois touchants, mais toujours sincères.

Belle preuve d’amour envers un genre tombé en désuétude, « Kingsman » est un film suffisamment malin pour plaire à tous les publics. Difficile de ne pas y trouver son compte tant le scénario évoque aussi bien les « James Bond » de la période Sean Connery que la saga « Austin Powers » de Jay Roach. La corde est raide mais l’équilibre est parfaitement maintenu. Le film est à la fois un vrai film d’espionnage et une vraie comédie. Les gags font souvent mouche et les scènes d’action sont parfaitement maîtrisées et impressionnantes, confirmant après « Kick Ass » et « X-Men : le commencement » que Matthew Vaughn » est passé maître dans l’art du divertissement.

La bonne humeur qui traverse tout le film permet aux acteurs de s’en donner à cœur joie. Colin Firth est étonnant dans ce rôle d’agent secret surentraîné et impressionne par son investissement physique, l’acteur ayant réalisé la plupart de ses scènes d’action lui même. Le voir dans un registre inhabituel est des plus plaisants.

Samuel L. Jackson est également truculent dans son rôle volontairement parodique du méchant mégalomane totalement cinglé. Il y a bien longtemps qu’il ne nous avait pas offert une interprétation aussi fun. Et tandis que c’est toujours un plaisir de retrouver Mark Strong ou Mark Hamill à l’écran, il faut noter l’excellente interprétation du jeune Taron Egerton, impressionnant de justesse dans son rôle de jeune bad boy au grand cœur.

Autre point fort, la bande originale du film, comportant entre autre Lynyrd Skynyrd ou Roxy Music, finit d’apporter une touche résolument rock’n roll à un film qui l’est déjà par bien des aspects.

Bien écrit, bien filmé et bien interprété, il y a donc très peu de choses à reprocher à ce film, définitivement l’un des plus jouissifs et jubilatoires qu’il ait été donné de voir récemment. Un divertissement très drôle et très efficace, à ne manquer sous aucun prétexte.

Steve Thoré