Redoublement

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Après l’excellente adaptation du « petit Nicolas» (2009) et «Astérix et Obélix: au service secret de Sa Majesté» (2012), Laurent Tirard est en passe de devenir le grand spécialiste de l’œuvre de René Goscinny. Aujourd’hui, il nous propose de retrouver le héros que le chantre de nos ancêtres les Gaulois partageait avec Sempé : le petit Nicolas. Pas de bouleversements notables dans le casting : Valérie Lemercier et Kad Mérad endossent de nouveau le rôle des parents. Si la mère semble doucement évoluer, le féminisme perçant sous les défroques très seventies de la mère au foyer -influence de son interprète ?-, le père garde sa lâcheté intrinsèque et son incapacité à se révolter devant une hiérarchie inique. Le grand changement, côté distribution, c’est le remplacement, dans le rôle-titre, de Maxime Godard, fort séduisant ma foi dans le premier épisode, par un nouveau venu : Mathéo Boiselier. Le jeune Vendéen, sans être catastrophique, n’arrive pas à nous faire oublier son prédécesseur.

Au côté du trio de base, fourmille une pléthore d’acteurs de complément. C’est avec délectation que l’on retrouve le toujours jubilatoire François-Xavier Demaison. L’humoriste habite littéralement le pion « Le Bouillon », donnant même à son personnage une humanité que nous n’attendions pas forcément. Il n’est pas le seul à tirer son épingle du jeu. Francis Perrin fait un retour en force, dans les habits du directeur d’école ; Daniel Prévost, en patron acariâtre, est parfait ; quant à Dominique Lavanant, en belle-mère abusive, les nombreux fans de la troupe du Splendid regretteront la fugacité de sa présence à l’écran. Coup de chapeau enfin à l’extraordinaire Bouli Lanners. Le Belge démontre une fois de plus qu’il est absolument incontournable dans le paysage cinématographique francophone.

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Et l’histoire me direz-vous ? Certes la reconstitution historique est, une nouvelle fois, méticuleuse mais un supplément d’âme n’aurait pas été de trop. Il est dommage que l’humour et le sens de la poésie des créateurs se soient dilués au scénario. En chargeant inutilement la barque de trop nombreux personnages, en laissant de côté moultes gags qui avaient fait leurs preuves, les auteurs du film perdent la force d’impact des albums. Et si encore, cela permettait de donner plus de dynamisme à l’ensemble, pourquoi pas ? Mais cela ne parait pas vraiment être le cas au vue des réactions en salle. Les plus cinéphiles se réjouiront eux  des nombreux clins d’œil qui parsèment le film, des « Vacances de Monsieur Hulot » jusqu’au cultissime « Grande Vadrouille ».

Si le premier opus fut le plus gros succès français de 2009 en avoisinant les cinq millions d’entrées, il parait fort improbable que cette suite rivalise avec son modèle.

JULIEN IMPE