Promesse tenue … à moitié seulement

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Un an après « Noé » réalisé par Darren Aronofsky, Russel Crowe revient dans une aventure historique, où il a endossé le costume d’acteur mais aussi de réalisateur. Au cœur de cette histoire, Joshua Connor, un paysan australien. En 1919, il part à la recherche de ses trois fils supposés morts quatre ans auparavant lors de la terrible bataille des Dardanelles qui opposa l’Empire Ottoman aux forces britanniques. Il sillonne donc la Turquie pour découvrir la vérité et enfin trouver la paix intérieure. Mais il découvre aussi un pays ravagé par la guerre où les tensions ne sont pas encore tout à fait éteintes.

Pour son premier long-métrage, l’acteur néo-zélandais n’a pas à rougir de sa réalisation. Le charme opère, lentement mais sûrement, et ravira sans nul doute les fans inconditionnels de l’ex-gladiateur. Toujours aussi bien investi dans son rôle, Russel Crowe campe parfaitement le vieux fermier australien, aussi borné qu’attachant. Très charismatique, l’acteur porte pratiquement le film à lui tout seul, avec une interprétation sincère et touchante. Mais il ne faut pas oublier évidemment le casting de choix, multi-ethnique, avec l’actrice franco-ukrainienne Olga Kurylenko (« Max Payne », « Hitman ») et l’acteur turco-kurde Yılmaz Erdoğan (« Les affaires organisées »).

Les dialogues ne sont jamais sur-joués et touchent par leur justesse et leur réalisme. Certaines scènes – notamment celle dans laquelle Ryan Corr (« Wolf Creek 2 ») assiste à la mort de ses deux frères sur le champ de bataille – sont tout bonnement bluffantes. L’émotion est donc au rendez-vous dans ce film mêlant drame et scènes de guerre.

Pour ce qui est du reste de la réalisation, Russel Crowe nous propose de magnifiques images, portées par de splendides vues aériennes de désert australien, de villes perses ou encore de la fameuse baie de Gallipoli. Les musiques ne sont pas spécialement remarquables mais s’intègrent parfaitement, portant les rythmes et les ambiances désirées.

Malheureusement, un inconvénient de taille : « La promesse d’une vie » est dépourvue d’un scénario exceptionnel. Tiré pourtant d’une histoire vraie, le film peine à décoller. La durée de presque deux heures y est sûrement pour quelque chose et on se dit que le réalisateur aurait bien pu couper quelques minutes au montage. Le film n’aurait pas tiré inéluctablement en longueur. Certains passages, un peu mièvres, ralentissent le rythme d’une histoire prévisible et écrite à l’avance. De plus, le manque de péripétie se fait clairement ressentir.

Malgré une mise en scène honorable et un casting de haut rang, « La promesse d’une vie » pêche donc par un scénario prévisible, comparable à un « Il faut sauver le soldat Ryan » un peu plat. Les bons jeux d’acteurs n’arrivent que trop peu souvent à combler ce manque de rythme.

Et pourtant Russel Crowe peut être fier d’avoir pondu un premier long métrage tel que celui-ci. Ne lui tenons donc pas trop rigueur de ces quelques erreurs de débutant et attendons calmement l’arrivée de son deuxième.

Antoine Defives