Combat de voyants sur notre médium préféré

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Le côté thriller de « Prémonitions » n’a rien de très original. Certes, une enquête policière avec deux médiums pour protagonistes principaux n’a rien de commun, mais on y trouve aucune révolution dans le genre. Toutefois, les questions soulevées par le film sont intéressantes et invitent notamment le spectateur à s’interroger sur la souffrance, le don de voyance et le statut éthique de l’euthanasie dans notre société : est ce un meurtre ou une délivrance…?
Durant la quasi totalité du film on aura donc affaire à une sorte de duel entre médiums que sont le bienfaisant Anthony Hopkins et l’odieux Colin Farrell. Or, ces deux personnages ne s’opposent pas tant que cela et leur divergences d’opinions finissent par s’accorder au fur et à mesure de l’intrigue qui finit par être prenante. Les deux acteurs nous présentent d’ailleurs une performance digne de leur réputation : Anthony Hopkins endosse le rôle d’un personnage assez introverti, qui souri peu et reste mystérieux et  Colin Farrel colle parfaitement à l’étiquette du vrai-faux psychopathe servant une cause « juste ».

D’une façon générale les personnages sont plutôt bien construits et on en apprend juste assez sur le passé des principales personnalités pour noter que l’écriture scénaristique a été soignée. On n’y trouve rien de bien original malheureusement, mais assez de concepts du genre pour ancrer un côté dramatique et sombre dans l’intrigue : maladies incurables, abandon d’enfants, homosexualité destructrice, suicide,…

« Prémonitions » présente deux petites pépites qui surprendront peut-être certains spectateurs. Tout d’abord, le travail du directeur de la photographie présente un visuel agréable, notamment durant les fameuses scènes de prémonition, qui, comme vous l’aurez compris, composent un élément phare du film. Le rendu de ces passages nous expose des plans qui passent du micro au macro en évoquant une certaine mélancolie, le tout avec des couleurs très anesthésiées et un visu onirique qui rappelle les photographies de Michael Vincent Manalo croisé avec du Miki Takahashi.
Le moment phare du film se situe à l’instant où les enquêteurs se trouvent en haut d’une tour et où le tueur, qui a toujours trois tours d’avance sur eux, leur prépare une petite surprise composée d’un projecteur et d’un matériel audio via lesquels il présentera à la fois ses intentions et tout son talent de voyance. C’est donc un moment qui pousse le suspens à son paroxysme.

Il serait de mauvaise foi de considérer « Prémonitions » comme un film raté, mais on aurait sans douté apprécié plus d’originalité dans une intrigue qui présente un duel entre deux médiums.

Valentin Desmarchelier