Pizza aux quatre tortues, on en redemande.

136052.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

En dehors des super héros Marvel et DC Comics, il y a d’autres justiciers hors du commun que tous les enfants connaissent sous le nom de Tortues Ninjas. La génération des années quatre-vingt-dix se souvient du fameux générique de la série animée qui a bercé leur l’enfance. Mais qui aurait cru voir un jour ces fameuses bestioles mutantes a l’affiche d’un blockbuster réalisé par le Sud­-africain Jonathan Liebesman qui signe ici, pour l’occasion, son sixième long ­métrage. Ce metteur en scène a déjà touché à pratiquement tous les genres possibles même si la plupart étaient des grosses productions, produit par le spécialiste, le cinéaste américain Michael Bay à qui l’on doit la tétralogie Transformers.

Ce cinquième film sur ce thème, n’a aucun rapport avec les précédentes tentatives, puisque celui-­ci est une adaptation bien plus fidèle, entendons par là, plus sombre de la bande dessinée de Kevin Eastman et Peter Laird. Ces derniers ont créé leurs héros comme une vaste plaisanterie, ne croyant jamais au succès de l’entreprise. C’était, il y a tout juste trente ans.

Donc ce nouvel épisode se penche sur les origines de l’histoire. Dans le cadre de la ville de New York, cette mégapole qui inspire tant les justiciers, les scénaristes abordent la genèse de la légende: la cause de leur mutation.  Des modifications génétiques qui pourront laisser perplexes les nostalgiques mais qui se justifient pleinement. Un dépoussiérage qui  enrichit l’intrigue, et n’est pas sans rappeler celui de « The Amazing Spider­Man». Certes, ces nouveautés peuvent troubler les puristes et gâcher le charme initial. Mais nos quatre chevaliers en écailles, amateurs de pizzas, portant des noms d’artistes peintres italiens et adeptes des arts martiaux du Japon féodal restent dans l’esprit. Les cinq personnages principaux sont parfaitement interprétés, la 3D, quant à elle, permet de souligner les détails des traits du visage offrant un vérisme encore plus important de l’ensemble..

On notera en passant la présence au générique de Woopy Goldberg, simple figuration, mais qui fera plaisir aux fans de “Sister Act”. Malheureusement, ce sont les seuls comédiens convaincants. Megan Fox, pour ne citer qu’elle, qui incarne  la journaliste April O’Neil, malgré toute sa bonne volonté, passe totalement à côté. Sa prestation médiocre fait de l’ombre à ses camarades de jeu. A sa décharge, son rôle ne correspond pas, visiblement, à son tempérament. Toujours est-il que le spectateur lambda en vient à douter de la nécessité de sa présence à l’écran.

Quant à l’éternelle “crapule” William Fichtner qui alterne long­s métrages et série TV, il s’éclate dans une composition à sa démesure. Bémol: des dialogues indigents. Ce film reste malgré tout un bon divertissement qui navigue entre action et comédie, rythmé par une bande sonore omniprésente, limite épuisante, du compositeur Brian Tyler à qui l’on doit les thèmes musicaux  de Thor 2 et Iron Man 3, entre autres.

Ce long­-métrage plaira assurément à tous les publics, un peu moins aux éternels nostalgiques de la série. Pour les connaisseurs, ils attendront la suite avec impatience.

JULIEN IMPE