Peau rouge à bobo à la têtette

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Passé sans transition d’un cinéma abscon au didactisme, Arnaud Desplechin ne s’est pas forcément réconcilier avec les puristes. Longtemps, le visionnage des films de l’auteur de « La Sentinelle » ou «Esther Khan » produisait chez le cinéphile moyen une fébrilité latente qui obligeait ce dernier à des coups d’ceil répétés à sa montre afin de vérifier le réel écoulement du temps suivie de périodes de découragement profonds suite à l’amère constatation que le générique de fin restait une promesse lointaine. En adaptant le livre de Georges Devereux, mis à l’écran sous les traits de Matthieu Amalric, le réalisateur français marche sur les traces du Cronenberg de «Dangerous Method». Pourtant chargé d’un arrière-plan puissant (les traumatismes de la guerre, l’histoire des Amérindiens), le scénario confine rapidement à la banalité. Sorte de version image de «la psychanalyse pour les nuls », l’histoire s’enlise très vite dans une logorrhée interminable. Et quid des horreurs du conflit mondial ou de l’héritage culturel ? Benicio Del Toro, par ailleurs excellent, incarne un personnage dont les problèmes ne sont pas si différents des patients viennois de Freud. Tout ça, pour ça ? Hélas oui !

 

Régis Dulas