Partir, revenir

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Le cinéma de Mike Cahill est séduisant, « I Origins » est le second film du réalisateur d’ « Another Earth » (2011) et s’inscrit également dans un créneau de science-fiction réaliste. « Amother Earth » et « I Origins » abordent les thèmes de l’amour et de la spiritualité, « I Origins » via le thème de la réincarnation et « Another Earth » celui de la culpabilité et de la rédemption. Les deux films de Mike Cahill présentent des personnages dont la science et la spiritualité vont révolutionner les vies, dans « Another Earth » dans la croyance d’un autre soi sur une Terre lointaine, dans « I Origins » lors d’un  voyage en Inde pour le professeur Gray sur fond de recherche des traces de la réincarnation de sa fiancée décédée.

Si l’on rentre dans l’univers développé par Mike Cahill, alors « I Origins » est un film plaisant. Le risque est que le spectateur se heurte à la naïveté revendiquée (comme il pouvait en être avec « Partir, revenir » de Claude Lelouch) du second opus du réalisateur indépendant américain. Reste un casting parfait et convainquant. Michael Pitt dans le rôle du professeur, Astrid Bergès-Frisbey dans celui de son amie aux yeux hétérochromes et Brit Marling dans le rôle de l’assistante du professeur (Brit Marling était la principale interprète du premier film du réalisateur).

« I Origins » (ou « Eye Origins » !) se compose de deux parties, une histoire d’amour, prenante, et la quête de cet amour perdu par l’intermédiaire de signes de sa réincarnation (ce terme ne sera jamais utilisé dans le film). Le professeur Gray sera par deux fois bouleversé dans ses croyances, d’abord par les raisonnements de Sofi, puis lors de sa quête en Inde. Difficile à croire pour un scientifique aux raisonnements rigoureux !

De l’origine du film Mike Cahill raconte volontiers qu’elle lui a été inspirée d’un rêve qu’il a fait plus jeune où des yeux de personnes mortes réapparaissaient chez des nouveaux nés, ainsi que la persistance du célèbre regard fixé par Steve McCurry d’une jeune Afghane pour le National Geographic. L’inde est ensuite le berceau d’un programme ou chaque habitant peut être identifié grâce à ses yeux, sachant que l’œil est le seul organe qui ne subit aucun changement pendant toute la vie. Voilà donc le terrain idéal de cette histoire d’amour ? Une histoire d’amour d’un nouveau type ! Et qui défie la mort.

François Cappelliez