Mythe ou réalité ?

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On ne compte plus vraiment les adaptations cinématographiques du comte transylvanien, cependant « Dracula Untold » est ici synonyme des premières fois : cette nouvelle mise en scène du mythe offre au réalisateur son premier long métrage et à Luke Evans l’opportunité de tenir son premier rôle-titre dans une grosse production hollywoodienne.  Bien que l’acteur soit déjà un habitué des films du genre, notamment grâce à son rôle dans le « Hobbit » en 2013, il se retrouve propulsé sur le devant de la scène aux côtés de Sarah Gadon que l’on avait vu plus tôt cette année dans « Enemy ». Ce qui représente un enjeu véritable pour lui et un tremplin potentiel quant à l’évolution de sa carrière.

Bien loin des vampires de « Twilight » qui brillent au soleil, Gary Shore renoue avec des valeurs plus traditionnelles tout en y ajoutant une petite touche personnelle. L’ambiance est sombre et inquiétante. Toutefois, le côté humain du personnage principal est mis en avant, ce qui permet de modérer l’atmosphère noire du film.  Vlad l’Empaleur est ici dépeint comme un homme bon, respecté et adulé par son peuple et prêt à tout pour sauver ceux qu’il aime. Le spectateur peut ainsi ressentir de l’empathie envers cette créature du mal. On se surprend à éprouver de la compassion et de la peine pour cet homme.

Dans un élan de désespoir et face à une guerre qui l’oppose aux Turcs, il décide de vendre son âme au diable. Commence alors la plus importante bataille de toute sa vie, dans laquelle il se trouve face à son plus grand ennemi : lui-même. Notre vampire préféré est alors livré à une lutte intérieure.  Il nous est donc présenté comme étant vulnérable et malgré ce côté science-fiction, le public est en mesure de s’identifier à ce protagoniste : il n’est plus cet être marginal mais bel et bien monsieur tout le monde.

Mais ce film ne joue pas seulement sur les émotions que le metteur en scène fait naître parmi l’auditoire, l’action reste intrigante et plonge la salle dans cet univers bien particulier dès les premières minutes. On assiste même à un sublime retournement de situation : le monstre devient l’homme et l’homme devient le monstre.  La vérité n’est donc pas toujours celle que l’on croit.

Ludivine Tollitte