Mention passable

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Changement total d’orientation pour le réalisateur Antoine Blossier. Après avoir puisé sa source d’inspiration dans le thriller horrifique à la française avec « La Traque » sorti en juillet 2011 et qui nous avait permis de revoir le trop rare François Levantal, il surfe dorénavant sur la vague des comédies pour ados. Ne doutant pas que l’immense succès au box-office des « Profs » y soit pour quelque chose. Le secret de la réussite d’une telle aventure tenant autant sur l’histoire que sur l’interprétation, le metteur en scène a particulièrement soigné son casting. Entre acteurs confirmés d’un côté pour incarner les rares adultes du film et lycéens, forcément choisis parmi la génération montante, l’équilibre était périlleux à obtenir. A vous de juger sur pièce la pertinence des choix.

Dans la peau du proviseur, Marc Lavoine, tout droit échappé de la franchise « le Cœur des Hommes » semble prendre un certain plaisir à jouer les pères fouettards. Quant à Valérie Karsenti, en mal de notoriété cinématographique, elle tente de faire oublier la Liliane de « Scènes de Ménages », avec plus ou moins de bonheur. Mais la majorité de la distribution est occupée par la relève du cinéma français. Si Mehla Bédia, spécialiste du Stand Up, fait ici ses premiers pas devant la caméra, les autres têtes d’affiche, malgré leur jeune âge, font presque figure de vieux briscards. Samy Seghir, incontournable depuis ses débuts dans « Neuilly, sa mère ! » dégage un capital sympathie intact et Thomas Soliveres, sorte de petit frère de Vincent Lacoste, porte allégrement le poids du long métrage sur ses épaules. La vraie belle surprise restera sans doute la performance du rappeur La Fouine, incroyable dans ce rôle de looser magnifique. Son sens de la dérision et sa présence à l’écran font espérer une longue carrière de comédien.

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Bien évidemment ne vous attendez pas à beaucoup de subtilités, ni à une originalité débridée. Nous sommes ici dans le potache et le convenu. Vous sourirez sans doute, rirez peut-être mais ne vous attendez pas à beaucoup plus. L’étrangeté de l’affaire est sans doute le décalage entre l’âge des protagonistes et le registre référentiel utilisé. Etrange ces allusions à Goldorak, à « L’agence tous risques », voire au « Corniaud » de Gérard Oury. On a l’étrange sensation que la génération « Club Dorothée »  s’est invitée lors de la conception du scénario. Espérons, dès lors, que les ados à qui semblait être promis cette comédie ne boudent pas les salles obscures.

ELODIE TOLLITTE