Mariage Mixte

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Disney s’est lancé depuis 2010 dans une stratégie d’adaptations live de ses grands classiques animés. Pourquoi pas après tout ?

L’avancée des effets spéciaux permet aujourd’hui de tout faire et c’est l’occasion de proposer un regard neuf sur des histoires devenues mythiques.

Après « Alice au pays des merveilles », « Maléfique » (très réussi) et avant « Dumbo » (par Tim Burton) voici « Cendrillon ».

Un château, un prince, un roi, des intrigues familiales, autant d’éléments qui rendent le choix de Kenneth Branagh assez logique. Lui, l’auteur des plus belles adaptations de Shakespeare au cinéma dont un « Hamlet » (1996) absolument sublime, est en terrain familier avec ce « Cendrillon ». Converti récemment au blockbuster Hollywoodien (« Thor », « Ryan initiative »), il maîtrise maintenant les grosses productions à effets spéciaux.

Là où « Maléfique » proposait un nouveau point de vue sur « La Belle Au Bois Dormant », ce film est très premier degré et adapte fidèlement le dessin animé de 1950. En lui offrant cependant un écrin de luxe : décors flamboyants (signés Dante Ferretti, trois oscars au compteur), costumes opulents (par Sandy Powell, costumière des Scorsese), effets spéciaux soignés et mise en scène aérienne. Sans oublier la partition à la fois féerique et mélancolique de Patrick Doyle. Disney a sorti le chéquier et cela se voit. Chaque plan est plein à craquer.

Lily James (Cendrillon) et Richard Madden (le prince) sont un peu fades dans leur interprétation certes mais nous sommes dans un conte après tout. Cate Blanchett s’éclate dans le rôle de la marâtre et c’est toujours un plaisir de voir Stellan Skarsgård (le Duc) et l’immense Derek Jacobi (le roi). Un film avec l’un de ces deux acteurs est toujours digne d’intérêt.

Ce « Cendrillon » est un gros gâteau copieusement nappé. Et ce premier degré est finalement rafraîchissant et à contre-courant de la tendance actuelle qui célèbre le cynisme et le second degré. Cela fait du bien de voir une héroïne prôner la gentillesse avec son prochain et le pardon.

On sent par moment le goût du romanesque de Branagh qui, malgré sa position de cinéaste de commande, donne du souffle à son film (la scène du bal et celle de la mort du Roi).

Vu le succès du film aux Etats-Unis (soixante six millions de recettes pour son premier week-end d’exploitation) espérons que Kenneth Branagh, très grand cinéaste devant l’éternel, aura maintenant la liberté de réaliser des projets plus personnels.

Fouad BOUDAR