Trop musclé, Jean-Pierre !

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Trois années après le succès sulfureux du premier opus, les strip-teaseurs les plus célèbres de la toile rebandent leurs muscles et révisent leurs pas de danse sexy avec un seul objectif, faire fructifier le magot. A la baguette, Grégory Jacobs. Davantage connu pour être le producteur de grands films hollywoodiens comme le biopic en deux parties consacré au « Che » ou le fort honorable « ma vie avec Liberace » il signe aujourd’hui son troisième long-métrage. Ce n’est pas lui faire injure d’affirmer que ni «Criminal», ni « Wind Chill » ne nous avaient laissé des souvenirs impérissables.

Cette suite était attendue par les fans (si, si, ils existent) depuis 2012, Afin de créer artificiellement le buzz, les promoteurs avaient proposé aux internautes de choisir, eux-mêmes, le titre du second chapitre des aventures de ces pièges à filles sur pattes. L’acteur principal Channing Tatum voulait, quant à lui, muscler le scénario afin de ne pas décevoir une gente féminine, toute acquise à sa cause. Résultat des courses, les acteurs se livrent à des chorégraphies toujours plus osées, dépassant parfois les frontières de la bienséance. La fine équipe qui tenait le film original sur ses épaules se prête à un nouveau show spectaculaire, bien que terriblement prévisible. Portés disparus cependant l’ex cadet du groupe, Adam, alias le Kid, interprété par Alex Pettyfer et son aîné, le chauffeur d’ambiance Dallas, incarné par le sémillant Matthiew Mc Conaughey. Ces deux poids lourds manquant, il a fallu faire appel à des renforts. De nouvelles têtes viennent donc compléter le casting tel que Jada Pinkett Smith (aperçu dans « Matrix Reloaded ») à qui est confié ici le rôle du sardonique chef de cérémonie. Autre recrue, Donald Glover (« Community ») roi de l’impro et séducteur hors pair.

Un tournage bouclé en un temps record, trente jours, pour un produit basique que nous nous garderons bien de conseiller à tous les publics, la vulgarité et le côté graveleux de certaines scènes pouvant choquer les plus prudes de nos lecteurs. La disparition de deux des interprètes majeurs de la précédente version se fait au bout du compte cruellement ressentir, occasion cependant d’approfondir la vision de personnages jusque-là secondaires. L’absence du moindre fil narratif peut cependant lasser sur la durée. Et que dire de l’occultation totale de la moindre moralité ou d’une esquisse psychologique des personnages ? Ces faiblesses criantes qui jalonnent le long métrage en font un produit bien inférieur à l’original. « Magic Mike » pouvait séduire, XXL finit par agacer. Les spectacles de Chippendales en live ne risquent pas de souffrir de sitôt de leurs clones cinématographiques.

JULIEN IMPE