MAESTRO, UN FILM DE L’AU-DELÀ.

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Léa Fazer, que l’on connaît davantage pour ses comédies, revient derrière la caméra pour livrer un objet cinématographique déroutant. A mi chemin entre comédie et drame, Maestro s’impose résolument comme l’un des grands films de cet été.

Du parfait gouailleur à l’amoureux des vers

 Henri (Pio Marmai), jeune comédien débonnaire en galère, se voit confier son premier grand rôle par Cédric Rovere, cinéaste de renom. Si ce premier projet s’avèrera significatif pour sa carrière, il le sera tout autant pour son évolution personnelle. Entre ouverture, culture et remises en question, le jeune Henri ne sorti pas indemne de cette expérience fructueuse.

Si son personnage détonne, c’est avant tout par la transition lente mais certaine qu’il est capable d’opérer. D’un comédien qui cherche avant tout à joindre les deux bouts et n’a d’yeux que pour le cinéma d’action-ou presque,  il devient un véritable amoureux de l’art. Au contact de Rovere, il acquiert une sensibilité artistique hors-pair.  Pour Henri, le réalisateur présente toutes les caractéristiques du sage : érudit, expérimenté, il sera riche d’enseignement(s). De comédien à la vie de galérien, Henri devient un fou des vers de Verlaine et Mallarmé. C’est ainsi qu’il deviendra plus sensible au charme de la jolie Gloria, interprétée par Déborah François. Mais pour quelle réciprocité ?

Un film unique en son genre

Maestro est un film savoureux puisque plein de surprises. Doté d’un humour désopilant, il pose néanmoins un regard poétique sur l’existence et la beauté du monde. S’il échappe aux règles du genre, c’est parce qu’il constitue un genre à lui seul.

Servi par un casting aux intentions extrêmement justes, on peut notamment saluer l’exactitude de Déborah François, outre celle de Pio Mamai. Elle présente un personnage tout en retenue, sans jamais perdre le fil – sauf en cas d’épisode alcoolisé. D’une rigueur absolue, elle présente un contraste parfait avec le personnage d’Henri. Enfin, ce serait péché que de ne pas saluer la performance de Michael Lonsdale. Il incarne avec brio un vieux cinéaste d’arts et essai, fatigué mais optimiste.

Un film dans le film

Maestro ne démérite pas par son intrigue. Entre rebondissements et incertitudes, le tout présente une saveur des plus appréciables. On ne peut que saluer le scénario, très bien ficelé.

S’immiscer sur un plateau de tournage, filmer un film en train d’éclore, voilà ce que propose la réalisatrice de Maestro. Mais elle donne aussi à voir ce qui se cache derrière le cinéma d’auteur : le manque de moyens, la tension, la pression -lesquelles sont propres à tout projet cinématographique.

Puisque ce film est tiré d’une histoire vraie, on ne saurait que trop vous conseiller de vous laisser porter par l’intrigue, sans trop essayer de deviner à l’avance de qui il est question. Le film n’en sera que plus appréciable car aucune identification ne viendra troubler le voyage.

Lucie De Azevedo Felix