En attendant la gloire

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Ancien photographe de stars – David Bowie, Dépêche Mode – Anton Corbjin était le mieux placé pour évoquer cette histoire fascinante. Sous sa fausse allure de film biographique, il nous fait découvrir les coulisses de la séance photo qui fit définitivement de James Dean une légende.

Le réalisateur saisit admirablement ce moment de flottement où un destin bascule. James Dean commence en effet à être célèbre mais n’est pas encore la star qu’il va devenir. Mais ce dernier n’est son unique point de mire. Il attache en effet autant d’importance au personnage de Dennis Stock. En quête de gloire, le photographe pressent le talent de l’acteur et va nouer avec lui une étrange amitié.  Le film dresse alors le portrait de deux mythes en devenir dont les carrières respectives sont mutuellement liées. Leur amitié débouchera sur cette célèbre série de photos publiées dans le magazine Life où l’on découvre un James Dean au naturel au milieu des siens – photos qui façonneront le mythe et marqueront le début de sa fin.

Quant à la mise en scène, elle est d’une sobriété exemplaire et s’efface au profit du jeu des acteurs. Sans aucune prothèse de maquillage, Dan DeHaan est bluffant dans la peau de James Dean. Son interprétation tout en subtilité cherche davantage à incarner qu’à ressembler. Le talent énorme de Robert Pattinson se confirme. Dans la peau de Dennis Stock il s’est définitivement affranchi de son image de vampire sexy.

On pourrait peut-être reprocher à “Life” son rythme nonchalant voire soporifique, mais ce dernier est cohérent avec cet instant de flottement – avant la frénésie.

 

Fouad Boudar