Les histoires d’A

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« On ne choisit pas le jour de sa mort mais parfois quelqu’un d’autre le fait pour vous », l’entame au son de la voix de Christian Vadim (l’interprète de Sergio, l’un des multiples personnages du film) donne le ton, « Valentin Valentin », le dernier film de Pascal Thomas, comptera un mort, ce Valentin (Vincent Rottiers), un être charmant et aimé de tous, un personnage dont on découvrira le corps dès les premiers plans du film.

Valentin, est le chéri de ces dames, des jeunes filles de son immeuble (Marilou Berry, Agathe Bonitzer et Victoria Lafaurie) à la gardienne (Chritine Citti) en passant par sa maitresse (Marie Gillain), la femme d’un avocat colérique (Louis-Do de Lancquesaing) … mais Valentin va mourir. Que s’est-il passé pour qu’il connaisse un tel sort ? En adaptant « La maison du lys tigré » de Ruth Rendell Pascal thomas entraine ses spectateurs dans un whudoit jouissif, le réalisateur brossant également une galerie de portraits des plus réjouissante. « Valentin Valentin » peut se lire comme la synthèse du cinéma de Pascal Thomas, celui du film de groupe (« Mercredi, folle journée ! » …) et celui du film à énigme composée par la trilogie Agatha Christie (« Mon petit doigt m’a dit », « L’heure zéro » et « Le crime est notre affaire ») et illustrée par le tandem Catherine Frot/ André Dussollier.

Viens voir les comédiens. La galerie de portraits brossée par Pascal Thomas est hétéroclite, outre les personnages cités, « Valentin Valentin » suivra un clarinettiste donnant le « La » à l’immeuble (Christian Morin), un jardinier pervers (François Morel) ou encore une alcoolique répondant au prénom de Jane (incroyable Géraldine Chaplin). Au nombre des personnages remarquables Isabelle Candelier est Rose, une thérapeute férue d’énergie vitale, Arielle Dombasle, la mère excentrique de Valentin et enfin Félix Moati est Romain, le petit ami d’Elodie (l’une des jeunes filles éprise de Valentin).

Voyeurisme. Outre le Café et l’appartement de l’avocat, le petit monde de « Valentin Valentin » se cantonne à une rue où le réalisateur se focalisera sur trois lieux en particulier : un immeuble réunissant les principaux protagonistes du film, et deux maisons face à cet immeuble, celle de Lys Tigré (Karolina Conchet), une jeune chinoise dont Valentin s’est épris, et celle de Sergio, veuf et ex légionnaire. Les personnages développés par Pascal Thomas s’observeront volontiers dans une sorte de « fenêtre sur cour », le personnage du jardinier correspondant quant à lui à la définition littérale du voyeur.

Un monde moral en interaction. Plus que l’intrigue autour du meurtre, Pascal Thomas s’attache à peindre ses personnages d’un ton léger même s’ils ont souvent une part d’ombre, le jardinier est un pervers, la jeune locataire une voleuse … chacun sera puni pour ses actes déviants. Le réalisateur des « Zozos » (1972) s’attache également aux différentes interactions des personnages qu’il filme, l’un de leur liant étant Valentin. Le jeune premier est interprété par un Vincent Rottiers ici à contre-emploi par rapport aux rôles de personnages bruts de décoffrage qu’il a souvent interprété jusqu’alors.

Les histoires d’amour impossibles. In fine « Valentin Valentin » est une chronique des variantes autour des amours impossibles. L’amour secret sera celui du couple Elodie/Valentin, le jeune premier qui connaitra l’amour charnel avec Claudia, l’amour rêvé avec Lys Tigré, l’amour frustré avec Antonia et l’amour maternel. L’amour paisible sera celui de Rose et de Marius, l’amour interdit celui de Roger pour les jeunes-filles et pour finir l’amour endeuillé sera celui de Sergio et de son épouse défunte.

Feel good movie. « Valentin Valentin » est une constante « fête des voisins » plaisant à suivre. Mention spéciale à Victoria Lafaurie (Noor dans le film), fille de Pascal Thomas et de Nathalie Lafaurie. Le réalisateur la fait ici tourner auprès de lui dans son cinquième film (Victoria Lafaurie fut entre autre la jeune Victoria, fille de Martin Socoa (Vincent Lindon) dans « Mercredi, folle journée ! » en 2001). Outre ses capacités de comédienne, la jeune actrice (l’un des atouts charme du film) montre dans « Valentin Valentin » ses talents de plasticienne et de chanteuse. Victoria Lafaurie, une artiste à suivre.

François Cappelliez