Les apparences sont parfois trompeuses

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North Carthage, Missouri. Alors qu’il s’apprêtait à fêter leur 5ème anniversaire de mariage, Nick Dunne se retrouve la proie de la police municipale après la disparition soudaine et mystérieuse de sa femme, Amy.  A première vue, cela ressemble à n’importe quel film policier. Mais la dimension psychologique fait de « Gone girl » un thriller palpitant, mené de bout en bout d’une main de maitre.

Le réalisateur, David Fincher, à qui l’on doit de nombreuses productions du genre, notamment « Seven » avec Brad Pitt et Morgan Freeman ou encore « Zodiac », qui réunissait Jake Gyllenhaal et Robert Downey Junior.  Il signe ici son grand retour sur nos écrans depuis « Millénium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » sorti en 2011, où il était aux commandes de Daniel Craig et de Rooney Mara. Il nous revient cette année avec l’adaptation du best-seller « Les Apparences » de l’auteure américaine Gillian Flynn, à qui l’on doit également  le scénario du film. Avec un grand nombre de thrillers à son actif, il démontre ici encore que ce genre lui réussit : ce n’est donc pas étonnant que la romancière souhaitait confier ce projet à ce « maître du thriller ».

Les premiers évènements  font du personnage masculin principal, interprété par un Ben Affleck remarquable, l’ennemi numéro 1 : un sociopathe prêt à tout pour arriver à ses fins. Face à une telle performance, sa « moitié » se devait d’être elle-aussi des plus brillantes. Le metteur en scène a donc décidé de donner sa chance à Rosamund Pike, que l’on n’avait pas vu depuis son rôle dans la comédie « Le dernier pub avant la fin du monde ».  Il s’agit alors pour la comédienne britannique d’un virement à 360°, qui lui permet de montrer toute l’étendue de ses talents d’actrice. Elle  honore donc par la même occasion la confiance que lui avait accordée le cinéaste originaire de Denver.

Le regard du spectateur est biaisé, il se fit davantage aux interprétations plutôt hâtives des différents intervenants qu’aux faits réels. Nous ne sommes dès lors plus de simples témoins : nous sommes pris à partie, nous faisant oublier toute objectivité. Mais cela était sans compter un retournement de situation magistral, qui nous fait douter de nos propres déductions et nous ramène sur le droit chemin. Le public se fait manipuler, au même titre que la plupart des personnages présents. Le scénario bien ficelé permet de susciter un intérêt croissant chez l’auditoire et de le tenir en haleine jusqu’au bout. Tout en préservant les codes du genre, David Fincher a également su trouver le parfait équilibre entre un humour, parfois noir, et une angoisse psychologique des plus raffinées.

Ludivine TOLLITTE