Forrest Gump prend un sacré coup de vieux

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« Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Jonas Jonasson, qui a connu un très grand succès critique et populaire. Il retrace les (més)aventures d’un vieillard, qui s’échappe de son mouroir de maison de retraite le jour même de son centième anniversaire. Poussé par un besoin presque inconscient de liberté et d’indépendance, il prend la route et se retrouve malgré lui au centre de toutes les convoitises. On découvre plus tard que cette forme de candeur et d’innocence a par le passé conduit notre tout jeune centenaire dans les plus grands palais, auprès des plus grands hommes, lors des plus grands événements historiques du 20e siècle. A la manière d’un Forrest Gump, l’histoire individuelle de notre héros se retrouve accidentellement mêlée à la grande Histoire, sans qu’il en ait pleinement conscience.

 

Dans le film, l’intrication de la petite et de la grande histoire manque de pertinence. Les aventures passées du héros ne nous apprennent que peu de choses et s’intègrent assez mal dans le récit. Cependant, ces anecdotes historiques sont toujours très drôles et inattendues. Leur valeur repose peut être justement sur ce caractère inopiné et décalé. Les décors et les costumes apportent un regain de crédibilité à ces parenthèses historiques toutes plus farfelues les unes que les autres, et on s’amuse vraiment à la découverte d’un Staline plus furieux que jamais !

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Le film pêche cependant sur ce qui a fait le succès du livre : son rythme. La traque du vieil homme par un gang de bikers, aussi allumés que notre vieillard, peine à retenir notre attention. On assiste aux péripéties sans vraiment y croire, et on se retrouve au bout d’une heure de film à attendre que les choses sérieuses commencent. En vain. La mise en scène, en essayant de retranscrire l’atmosphère décalée et hors du temps de ce road trip innocent, oublie une dose minimale et indispensable de suspense. On s’ennuie un peu, comme mis à l’écart, et on regarde d’un œil extérieur les personnages évoluer, sans vraiment se sentir concernés. On a finalement l’impression que le film déroule l’histoire du livre, sans chercher à créer un supplément d’âme, sans réussir à s’en détacher.

 Louis Hecquet