Le retour des Inconnus ou la suite des trois frères?

1995 ou la première expérience sur grand écran des Inconnus et déjà un énorme succès.  « Les 3 frères », puisqu’il s’agit comme vous l’avez deviné du premier opus de la série, avait atteint à la surprise générale les six millions d’entrées. Depuis ce succès, les mal nommés Inconnus, chouchous du public, mais aussi de la profession -ils s’adjugèrent  un César de la meilleure première œuvre- surfèrent sur la vague de la notoriété. Prenant tout leur temps, ils signèrent sept ans plus tard « les rois mages » (d’après une idée issue d’une réplique des trois frères) ; Erosion massive des entrées : seulement deux millions de spectateurs se précipitèrent dans les salles obscures. Cette forte baisse, eu regard à la vague médiatique précédente précipita sans doute l’éclatement du trio. Chacun continuera sa carrière en solo.

Mais grâce à un jeune public qui va les découvrir sur internet ainsi qu’aux fortes sollicitations de leurs fans, nos trois héros vont avoir envie de retenter l’aventure commune. Dix-huit ans après, ils vont nous resservir le couvert. Précédé d’une campagne médiatique bien rodée, cet acte deux était attendu au tournant. Reprennent la même recette : encore une fois ça sera leur défunte mère qui les réunira autour d’un projet commun. Le reliquat de l’héritage mais aussi afin de récupérer ses cendres. Rien de bien palpitant en somme !  Grosses ficelles et situations convenues : les personnages endossent avec jubilation les défroques de parfaits ratés (le gigolo, le comédien sous utilisé et le mythomane professionnel) à la sauce italienne et le scénario avance cahin caha. Le passage obligé chez le notaire nous offre cependant la joie sans pareil de retrouver le sublime Christian Heck . Les retrouvailles sont sans surprise basées sur l’antagonisme des personnages. Quant à la machine à Loose, elle fonctionne à plein régime.

Ça ne restera sûrement pas dans les annales. Un film tout public,  une comédie dont le meilleur argument sera finalement la nostalgie d’une certaine époque, celle de l’humour bon enfant. Nous aurions aimé une prise de risques plus élevée, une capacité à s’opposer davantage aux tares de notre société. Mais la cible grand populaire a de toute évidence freinée les ardeurs pyromanes de la joyeuse bande.

 

JULIEN IMPE