La révolte prend l’eau ?

525295.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Presque un an jour pour jour après la sortie De « Hunger Games : L’embrasement », Katniss Everdeen, Peeta Mellark , Finnick Odair et tous les autres sont de retour dans ce troisième volet « Hunger Games : La Révolte, 1ère partie ». Exilée au District 13 où se préparent les rebelles, Katniss est, une fois de plus, le « geai moqueur », symbole de cette rébellion.

Pour la première partie de ce dernier chapitre le réalisateur Francis Lawrence est une fois de plus aux commandes. Et pour finir en apothéose, il a fait appel à des grands puisque Julianne Moore et Robert Knepper ont rejoint le casting, même si on déplore de ne voir ce dernier que dans très peu de scènes. Cette addition à la distribution de départ bien que de bon augure, n’aura malheureusement pas permis à cette production de prendre une bouffée d’air frais.

Malgré un scénario intéressant et dense qui nous montre une héroïne plus complexe que dans les deux premiers opus. Elle nous dévoile ici un côté plus humain encore : tiraillée entre son ambition de mener à bien cette révolte et libérer l’humanité de l’influence du Capitol et son envie de sauver l’homme qu’elle aime. On assiste alors à une véritable évolution de son personnage, interprétée par une Jennifer Lawrence comme on en a l’habitude : juste, émouvante et qui a tout simplement réussi à faire passer la profondeur de ce protagoniste, que l’on a appris à aimer au fil du temps.

Ajoutez à cela une intrigue qui se voudrait intrigante sur le papier puisque l’on assiste à l’émancipation d’un peuple, face à un système politique qui relève plus d’une dictature que d’une réelle démocratie. Un sujet d’actualité qui, abordé convenablement, aurait pu susciter l’intérêt auprès du public. Un véritable travail de recherche a été effectué par les scénaristes et l’équipe technique pour donner à ce long métrage une dimension plus réelle et faire passer la science-fiction au second plan. Des décors impressionnants, inspirés pour la plupart de l’aspect sombre et froid des bunkers et des centrales nucléaires des années 60 et 70 ; des costumes bien pensés qui rappellent les habits de travail américains des années 40 et qui restent en parfaite adéquation avec les conditions de vie des habitants du District 13.

Oui mais voilà, les scènes d’action dignes de ce nom se font extrêmement rares et se comptent finalement sur les doigts d’une main. Le rythme est lent et à l’image des nombreux discours dans lesquels se lancent les différents intervenants, le film nous laisse le sentiment de n’être qu’une longue allocution de deux heures. Les personnages ont un usage excessif de la rhétorique et préfèrent même avoir recours à des campagnes de propagande pour combattre un ennemi plus que redoutable.

La fin nous laisse présager d’une suite plus passionnante et bien plus animée. On ne peut s’empêcher toutefois d’avoir une tendre pensée pour le regretté Philip Seymour Hoffman, qui, une fois de plus a su faire preuve de son remarquable talent et dont la présence pouvait embellir à elle-seule une scène un peu terne.

Ludivine Tollitte