La nuit porte-t-elle vraiment conseil ?

avant d'aller dormir

« Avant d’aller dormir » est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de S.J. Watson paru en 2001.

 

Le synopsis est plein de promesses. Christine, interprétée par Nicole Kidman, souffre d’une forme d’amnésie toute particulière. Suite à un traumatisme, elle se réveille chaque jour en ayant tout oublié de ce qui lui est arrivé la veille. Elle redécouvre donc chaque matin son histoire personnelle, aux côtés de son mari Ben, incarné par Colin Firth.

 

On se demande vite, à la découverte de la vie du couple, comment Ben peut supporter la situation qui l’oblige chaque jour à répéter à sa femme qu’il est bel et bien son mari. Et nos soupçons de grandir quant aux intentions du personnage incarné par Colin Firth, dont le charisme, à la fois réconfortant et menaçant, sied bien à l’interprétation de cet homme ambigu qui semble pourtant dévoué à sa femme.

 

Christine est incarnée avec brio par Nicole Kidman, dont la blondeur quasi mystique se prête parfaitement à l’interprétation d’un personnage tellement déconnecté du monde qui l’entoure, qu’il pourrait aussi bien être une illusion pour elle. Le film s’inscrit dans un faux rythme qui ne fait qu’accentuer la perte de repères de son héroïne.

 

En quoi cette situation exceptionnelle, mais après tout inoffensive, peut elle se transformer en un thriller psychologique ? C’est que Christine travaille en secret sur son amnésie, avec l’aide du Dr. Nash, interprété sans réelle conviction par Mark Strong. Le film prend alors les airs d’un huis clos, où chacun semble jouer sa partition personnelle, sans jamais tout dévoiler de ses intentions. Christine se retrouve au cœur d’une histoire dont elle est complètement dépossédée, alors qu’elle y tient paradoxalement le rôle principal. Il serait à ce stade difficile d’en dire davantage sans dévoiler des éléments cruciaux de l’intrigue.

 

« Avant d’aller dormir » a quelque chose d’envoutant. Sans doute Nicole Kidman et Colin Firth ne sont pas étrangers à cela. L’ambiance, pesante et pleine de menace, absorbe le spectateur. Mais le film tarde malheureusement à vraiment faire monter la tension d’un cran. Cependant, lorsque les événements s’accélèrent à l’occasion d’un coup de téléphone glaçant, on se tord sur son siège dans l’attente du dénouement. Comme dans un thriller réussi.

Louis Hecquet