La croisière s'amuse (un peu)

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En plein revival d’un genre que l’on croyait définitivement éteint, le péplum, le réalisateur canadien, Darren Aronofsky, l’auteur du surcoté «Black Swan » en 2010, s’attaque à son tour à un de ses dérivés, le film biblique. Inutile de pitcher le scénario de «Noé». Même si vos parents étaient de farouches anticléricaux, il y a peu de chances que vous n’ayez pas entendu parler de l’histoire de ce patriarche qui, pour sauver l’Humanité et accessoirement le monde animal construisit sur suggestion du Très Haut un immense navire pour voguer sur les flots une quarantaine de jours en attendant la fin du Déluge. Le metteur en scène est suffisamment fasciné par ce sauvetage généralisé pour avoir déjà, sur le même thème, pondu avec son ami Arl Hendel un roman graphique intitulé « Noé, pour la cruauté des hommes ». Ne restait plus pour porter sur grand écran ce sujet qui lui tient visiblement à cœur qu’un budget conséquent.

 

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Aussitôt dit, aussitôt fait. La fidélité n’étant pas l’apanage des cinéastes, les exégètes auront du mal à retrouver leurs références dans ce dépoussiérage radical de la Bible. Pour donner chair à ses personnages, les producteurs ont considérablement musclé le casting. Jugez-en plutôt. Dans le rôle titre, rien moins que « Gladiator » Crowe en personne ! A ses côtés, sa légitime, Naameth, est incarnée par Jennifer Connelly qui retrouve donc son réalisateur de « Requiem for a Dream ». Parmi leur descendance, notons la présence d’Emma Watson tout juste échappée de Poudlar.. Par charité, nous ne nous attarderons pas sur la pitoyable performance d’un Anthony Hopkins venu cachetonner en endossant la défroque de Mathusalem. Le tiers provisionnel est-il si dur à acquitter pour Hannibal Lecter ?

 

Les amoureux de dialogues percutants resteront sur leur faim. Chrétiens, juifs et musulmans à défaut de crier au blasphème s’ennuieront profondément. Seuls les esthètes peu exigeants pourront, peut-être, s’écarter du fil narratif pour jeter un coup d’oeil aux paysages ou admirer le travail de reconstitution de l’Arche. Les impatients, eux, piafferont sur leur siège tant les longueurs leur paraîtront éternelles. Cecil B Demille a enfin trouvé un digne successeur : le cinéma bouffi et indigeste est de retour.

 

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JULIEN IMPE