Le Démon de Minuit

476330.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Cela faisait sept ans que nous n’avions plus de nouvelles d’Eli Roth. Bien qu’il ait fait l’acteur notamment pour Tarantino, il n’avait rien réalisé depuis son sympathique “Hostel 2” en 2007. Il revient en force cette année avec deux films : “Knock-Knock” et “The Green Inferno” (prévu pour octobre). C’est le premier qui nous concerne ici, et c’est un retour en forme pour le cinéaste. Il attaque un nouveau genre, celui du thriller pervers.

Quadra aisé, Evan a la vie parfaite vendue par les catalogues Ikea : une femme superbe très talentueuse, deux enfants à croquer tout droit sortis d’une pub Kinder et une villa de standing avec deux 4×4 dans le garage. Cette belle famille vivant dans la banlieue chic de Los Angeles.

Avec efficacité et un art consommé de la perversité, le récit saisit admirablement le basculement psychologique d’Evan qui va progressivement céder à la tentation et enclencher un engrenage infernal. L’ interprétation du grand Keanu Reeves, qui mêle vulnérabilité et sursauts de violence, est très convaincante. Aidé en cela par les charmantes Jessica Rizzo et Ana de Armas qui, bien qu’un poil caricaturales, s’en donnent à cœur joie dans leur numéro de petites diablesses. D’où une certaine immersion du récit qui nous fait nous demander (surtout le public masculin) : « Qu’aurais-je fait à sa place ? ».

Malgré quelques faiblesses de scénario et une mise en scène pas assez nerveuse et viscérale, “Knock Knock” est un petit conte moral assez savoureux si on apprécie l’acidité et l’amertume.

Fouad Boudar