Jurassic Cash

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Ayant démarré très fort avec le classique inoxydable de Steven Spielberg, la franchise “Jurassic Park” n’a fait que décliner avec des suites de moins en moins convaincantes. “Le Monde Perdu” convint à moitié. En pilote automatique, le réalisateur manque l’occasion de livrer un très grand film d’aventure. Le troisième volet, simplement titré “Jurassic Park 3”, est une série B de luxe au scénario anémique se contentant d’aligner les scènes d’action.

 

Bienvenue … à “Jurassic World” !

Le principal mérite de cette suite tardive est de mettre fin à une contradiction majeure de la saga inhérente au titre : jamais celle-ci ne nous montrait de Parc Jurassique. Ce foutu parc est enfin ouvert ! Vingt ans que j’attendais ça ! Bénéficiant d’effets spéciaux dernier cri, c’est un vrai plaisir de le voir opérationnel avec des visiteurs à foison dont beaucoup serviront d’amuse-gueules.

Introduits dans l’histoire par deux bambins insupportables, nous découvrons de nouvelles espèces dont cet impressionnant dinosaure aquatique, et de nouveaux décors. Magnifiée par le thème sublime de John Williams, l’ouverture du film est absolument captivante et nous fait un peu revivre la magie du premier volet sorti en 1993. Mais le plaisir est de courte durée.

 

Garanti 100% OGM

A l’image de son principal dinosaure génétiquement modifié, le film tente désespérément de mélanger l’ADN du premier avec la surenchère des blockbusters actuels. Le résultat est mitigé. “Jurassic World” multiplie les clins d’œil, les hommages, et va jusqu’à carrément copier-coller des plans voire des scènes, notamment le final de “Jurassic Park” de Spielberg.

A force de trop tirer sur la corde nostalgique, le film en oublie de proposer sa propre interprétation de cet univers. Il s’acharne à vouloir reconstituer la magie du premier volet, d’en retrouver le sens du merveilleux sans jamais y parvenir car c’est tout simplement impossible.

Le spectacle est cependant assuré avec des scènes dantesques enchaînées à un rythme soutenu, notamment une scène de poursuite à moto démente tournée de nuit directement reprise du roman de Michael Crichton, « Le Monde Perdu ». Elle vaut à elle seule le déplacement.

Les meilleurs moments sont finalement ceux qui capitalisent sur le premier film et qui font intervenir les véritables stars de cette saga : les Vélociraptors. Je vote pour leur décerner un Oscar tellement ils sont déments de charisme et de férocité. Ils suscitent une véritable peur primale.

Bien que le casting soit solide, seul Chris Pratt parvient à nous émouvoir, ses partenaires étant soit caricaturaux, soit inutiles à l’image du personnage interprété par Omar Sy qui, bien qu’il soit le meilleur ami du héros dans le film, à aucun moment ne lui adresse la parole.

 

“Jurassic World” ne parvient pas à s’affranchir de l’ombre de “Jurassic Park”. Trop dans l’hommage et la citation, le film se repose entièrement sur la nostalgie et renonce à s’approprier l’univers – pourtant riche de possibilités –  créé par Michael Crichton. J’imagine ce qu’aurait pu donner ce film dans les mains d’un cinéaste expérimenté et ayant une vraie personnalité tel que Joe Dante par exemple.

Bien que très spectaculaire et riche d’idées de mise en scène, “Jurassic World” ajoute un chapitre un peu vain à une saga qui aurait dû s’arrêter à son premier.

 

Fouad BOUDAR