Madeleine de Proute

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A une époque où le créneau du blockbuster-événement, jouissif à souhait,  avait été quelque peu délaissé par ses tauliers historiques (Spielberg et les autres), l’américain d’origine allemande Roland Emmerich et son comparse Dean Devlin, ont su savamment remplir ce vide avec des péloches bien foutues et divertissantes: Stargate, Independance Day et Godzilla en sont les exemples les plus emblématiques.

Le second, qui nous intéresse ici, sorti en 1996, recycla avec efficacité la bonne vieille recette du film d’invasion extraterrestre. Belliqueux, et cherchant ni plus ni moins à annihiler notre belle planète, les aliens du film lancent le compte à rebours final contre lequel les Etats-Unis, le meilleur pays du monde, forme une coallition planétaire et remporte le combat. Bas du front, aux personnages caricaturaux, recyclant allègrement l’imagerie SF des années 70-80, Independance Day se regarde, encore aujourd’hui, avec un certain plaisir coupable. C’est fun, sans prétention, idéal pour un samedi soir sous la couette.

Depuis, Roland Emmerich s’est essayé avec des réussites diverses à d’autres genres : le film historique (le très bon The Patriot-2000), le film préhistorique (l’anecdotique 10 000 BC – 2006) et la biographie littéraire (le sympatoche Anonymous-2012).

Grand ordonateur de chaos planétaire sur pellicule, c’est dans le genre apocalyptique-c’est la fin du monde-tout va exploser  que tonton Roland est le plus à l’aise et a livré ses efforts les plus mémorables. Ainsi, Le Jour D’Après (2004) reste à mes yeux son petit chef d’œuvre. Avec 2012 (2010) il livrait sa version de l’Arche de Nöe en détruisant les ¾ de la planète.

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A la surprise générale, il revient cette année avec la suite tardive (20 ans après) de son carton planétaire Independance Day, sous-titré Resurgence.

J’avais raison de rien en attendre tellement ce film est un non-film. Initié pour de mauvaises raisons, à savoir capitaliser sur un succès passé en essayant de le feuilletonner et de bâtir une franchise dessus, Independance Day Resurgence est le rejeton dégénéré de la politique actuelle de recyclage, reboot, suite, réchauffage du cinéma Hollywoodien. Il n’y a pas de mal en soi à faire des suites, cette exercice a donné des chefs d’œuvre,  mais quand elles sont entreprises avec les moignons au mépris total du public, cela mériterait de légiférer afin de sanctionner les auteurs d’une peine de prison.

Faisant suite aux évènements du précédent film, Resurgence est laborieux, mal écrit, pénible à regarder tellement il n’est que vide abyssal.

Malgré les progrès de la technologie, les effets spéciaux sont d’une laideur inexcusable pour un film pourvu d’un gros budget. Ceux de son aîné, à base de maquettes et d’effets digitaux intelligemment éclairés, sont beaucoup plus réussis. Un comble! Comme s’il avait buggé, Roland Emmerich compile les scènes de destruction de ses trois derniers films catastrophe dans une gigantesque partouze numérique.

Si certains titres comme le dernier Star Wars prenait soin de caresser le public pour provoquer un effet “Madeleine de Proust”, ce Independance Day Resurgence n’est qu’une énorme Madeleine de Proute!

 

Fouad BOUDAR