I have a dream

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1965, Etats-Unis. La ségrégation est déclarée illégale dans la Constitution des Etats-Unis, les Afro-américains sont enfin reconnus comme des citoyens à part entière. Mais devant la persistance des mentalités dans les Etats du Sud, la communauté noire subit encore bien des répressions. C’est notamment le cas à Selma, Alabama. Sous la coupe du gouverneur Georges Wallace, les habitants refusent d’accorder l’accès aux institutions publiques à ces « nouveaux » citoyens américains.

Ce long-métrage retrace la lutte du révérend King afin de garantir le droit de vote à ses compatriotes, et principalement la longue marche depuis la ville de Selma à destination de Montgomery, jusqu’aux marches du Capitole à Washington. Bien que ce film se concentre sur les événements qui ont conduit la population noire à cette manifestation, la réalisatrice Ava DuVernay réussit à démontrer que la lutte va au-delà du droit de vote : éducation, niveau de vie, emploi et la garantie de se faire entendre et de se voir représenter au sein du gouvernement américain.

« Selma » fait parfaitement état de la situation de l’époque, en dénonçant les tensions qui régnaient tant au sein de la société qu’au niveau du gouvernement. Car tout n’était pas « tout blanc ou tout noir ». La communauté afro-américaine n’était pas indemne de désaccords profonds : en particulier les méthodes à adopter pour faire valoir leurs droits mais aussi les réformes et revendications à présenter au Président Johnson. Mais cette œuvre cinématographique nous permet d’assister aux problèmes et aux pressions rencontrés par le gouvernement : face aux us et coutumes ancrés dans les ex-Etats confédérés, l’application de la loi parait bien difficile, spécialement quand les objectifs espérés par les manifestants n’entrent pas dans les priorités du Président.

Cette production témoigne de la détermination de ce leader qui aura obtenu le Prix Nobel de la Paix. Martin Luther King a refusé de se laisser impressionner et de laisser perdurer les violences à l’encontre de son peuple. Pour incarner ce personnage pacifique et charismatique, le choix de la metteure en scène s’est porté sur l’acteur britannique David Oyelowo, que l’on a pu voir précédemment dans « Le Majordome », « Lincoln » ou encore « La couleur des sentiments ». Le comédien aura su faire passer avec justesse les émotions et la complexité d’un tel personnage : il n’est plus seulement le militant pugnace, mais aussi un homme sujet aux doutes, aux peurs … et bien que le dénouement ne soit un secret pour personne, l’interprétation experte de l’équipe pousse le public à espérer et à craindre pour la vie de ses protagonistes. On peut sans nul doute affirmer que ce long-métrage, à l’instar de Martin Luther King, saura marquer les esprits.

Ludivine Tollitte