Douces rencontres

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Les films de Sang-soo Hong ont souvent pour thématiques les rapports affectifs qu’il aborde avec beaucoup de simplicité et de pudeur. Dans son dernier long métrage, ce sont les relations interculturelles, celle entre le jeune japonais Mori (Ryo Case) et la femme qu’il aime, Kwon (Young-hwa Seo), partie vivre seule à Seoul. Mais c’est aussi l’histoire d’une idylle naissante avec Youngsun (Sori Moon), une rencontre coréenne qui tient le café Hill of Freedom.

Le film est interdit aux moins de dix-huit ans en Corée. Difficilement compréhensible du côté de chez nous ! La sexualité n’est en effet que suggérée, verbalisée.

Doux et imparfait. Ce court long métrage de soixante-six minutes est une énigme du temps déstabilisant les relations affectives. Le café  Hill of Freedom malmène les profondes convictions profondes et les désirs de Mori tandis que la petite maison d’hôtes lui amène stabilité, celle de relations amicales saines et simples.

Déstabilisant, saccadé, à contretemps. Le film suit une logique narrative dictée par la lecture des lettres de Mori : une lettre, une scène.  Mais les repères temporels se sont évanouis lorsque Kwon a fait tomber son courrier. De plus, n’est-ce qu’un songe de Mori, qui de jour comme de nuit laisse libre cours au sommeil ? On comprend que les questions de la temporalité et de la réalité tiennent une place maîtresse chez Sang-soo Hong.

Au final, une suggestion : aimez-vous sans vous dévoiler.

 

Jessica Paprocki