Guerre et paix

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Trois ans après avoir conté la genèse de l’histoire sous la houlette de Ruppert Wyatt, les studios hollywoodiens s’attellent à narrer la suite de la Saga simiesque. Adapté très librement du roman de Pierre Bouille (le romancier français à qui l’on doit également « Le pont de la rivière Kwai») ce second épisode est confié au bon soin de Matt Reves, l’auteur du dérangeant « Cloverfield », il y a de cela six ans maintenant.

Cette suite se déroule une décennie après les événements développés lors du premier chapitre. La Terre est maintenant partagée entre singes et humains. Les primates, dont la représentation est plus réaliste que jamais, vivent dans un territoire couvert de forêts pendant que leurs cousins humains, tout du moins ceux qui ont échappé à la pandémie, font bande à part. Le chef des singes, le susnommé César, toujours incarné par Andy Serkis, entretient des rapports amicaux avec les Hommes alors que son lieutenant Koba, joué par Toby Kebbell, plus belliciste, veut confirmer la suprématie des primates sur la planète. Cette situation conflictuelle sera le terreau d’où naitra ce complot, colonne vertébrale de l’histoire. Les plus sensibles aux références y verront un certain cousinage avec l’ «Hamlet » de William Shakespeare. De manière plus basique, voyons dans cet affrontement humain/ animal, un réquisitoire contre le Racisme, un plaidoyer pour la tolérance. Se greffe une réflexion sur les dérives du scientisme (le virus de la grippe simienne ayant été concocté en laboratoire par des scientifiques).

Soulignons la qualité de la bande sonore : elle est magnifique, qu’elle soit diégétique ou
extradiégétique, elle donne du relief à l’ensemble. De ce long-métrage nous retiendrons avant tout la distribution, le caméléon Andy Serkis qui reste toujours méconnaissable dans ces rôles qui lui vont comme un gant ; il fait face à un Toby Kebbel qui nous offre une prestation incroyable. N’oublions pas la présence de l’incroyable Gary Oldman, comme souvent parfait en chef de guerre qui aspire au retour de la prééminence humaine.

Ce film reste, somme toute, un très bon divertissement. Que ceux qui sont passés à côté du premier épisode se rassurent : un résumé savamment orchestré sert de préface à l’ouvrage.

JULIEN IMPE