Sauvons Gaston !

Soyons clair, « Gaston Lagaffe » signé par Pierre-François Martin-Laval (dit « PEF ») est un film médiocre. Moyen, mais non dénué d’intérêts – d’où son « sauvetage » ! Les principaux atouts de l’opus « Pefien » (l’adaptateur de l’univers des « Profs » au Cinéma, autres références BD) étant d’offrir une construction rigoureuse des gags provoqués par le lunaire Gaston ainsi qu’un respect strict de l’univers du mythique personnage de Bande Dessinée. That’s all folk’s!

Un Gaston honnête. Qui est Gaston ? L’adaptation d’une bande dessinée est toujours une gageure et le « Gaston » de Cinéma ne sera jamais le « Gaston » de BD que l’on a en tête. Chaque lecteur ayant d’ailleurs en tête son propre « Gaston ». En cela Théo Fernandez (« Coin Coin » des « Tuches ») se doit d’imposer son personnage. Le fait-il ? L’acteur illustre le personnage initial – d’une manière assez habile – sans toutefois nous le rendre très attachant. Oui, le Gaston de PEF n’est pas très aimable, passons outre. Idéalement « Le Gaston » de rêve aurait été le Jean-Pierre Daroussin de « Mes meilleurs copains » de Jean-Marie Poirier. Le personnage lunaire qui ne comprend pas comment il s’est fait voler son camion par deux auto-stoppeurs.

 

 

Avec son adaptation de l’univers « Lagaffesque » au Cinéma PEF rend hommage au mythique personnage de BD et à sa philosophie, aidé en cela par un bon casting et une solide histoire. Ainsi Pierre-François Martin-Laval s’attribue à merveille le rôle de Prunelle, le chef de Gaston le stagiaire. Mlle Jeanne est quant à elle interprétée par Alison Wheeler, Mr. de Mesmeaker à la poursuite de ses contrats par Jérôme Commandeur. Tout est là. De l’agent verbalisateur (Arnaud Ducret en agent Longlarin) qui faillit toujours à sa mission en passant par les inventions farfelues de Gaston jusqu’aux animaux adoptés par le lunaire stagiaire. Ce dans un univers actuel. Ainsi, si dans la BD originale l’action prend place au sein de la rédaction du journal « Spirou », PEF a choisi de la faire figurer dans l’antre d’une start-up des plus actuelles, mais également des plus farfelues : « Le petit coin ». « Le petit coin » étant une start-up recyclant les inventions ou les ratés les plus improbables de l’industrie. En quelque sorte l’univers idéal pour le Gaston gaffeur.

Le « Gaston Lagaffe » version PEF est-il une critique de la société, et plus particulièrement du monde du travail ? La question peut se poser. La réponse n’est pas évidente.

Une conclusion. Décrié par Isabelle Franquin, fille de l’auteur de la bande dessinée originale, l’adaptation de l’univers de Gaston Lagaffe est pourtant une comédie de fort bonne facture et qui respecte l’univers créé par son père. Certes le rire n’est pas forcément au rendez-vous mais le sourire est là.

Quid du futur. Après « Tintin », « Boule et Bill » ou « Les Aventures de Spirou et Fantasio » … qui sera le prochain personnage de Bande Dessinée à se voir adapter au Cinéma ? Il s’agit du personnage de Bécassine. Cette dernière sera interprétée par Emeline Bayart, cette dernière sera dirigée par Bruno Podalydès.

François Cappeliez