Cinq sur cinq

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Qu’il est difficile de réaliser un premier long métrage ! Encore plus quand il s’agit d’une comédie. Et encore plus quand cette dernière est française ! Pourtant, certains réalisateurs en herbe parviennent à pondre de belles productions dès leurs premiers essais. C’est le cas d’Igor Gotesman avec Five. Alors certes, l’homme en question avait déjà réalisé ce film en court métrage cinq ans plus tôt. Mais s’attaquer au cinéma, c’est tout de même un sacré défi, et il le réussi avec brio. Explications.
Five raconte l’histoire de cinq amis d’enfance qui rêvent depuis toujours d’habiter en colocation. Lorsque l’occasion se présente, Julia (Margot Bancilhon), Vadim (Igor Gotesman), Nestor (Idrissa Hanrot), Timothée (François Civil) et Samuel (Pierre Niney) n’hésitent pas une seule seconde. Ils louent un superbe appartement en plein centre de Paris, avec un loyer mensuel avoisinant plusieurs milliers d’euros. Samuel se propose alors de payer la moitié du loyer à lui tout seul mais se retrouve rapidement à sec, faute de financement de la part de son riche père. Le jeune homme devient donc dealer de drogue douce, embarquant toute sa clique dans ses galères à venir. Quand on lit ce synopsis, on s’attend à quelque chose de vraiment pas terrible : un film choral sympathique, sans acteurs connu mis à part Pierre Niney, placé ici pour faire la promotion dirait-on. Cependant, Five demeure être une belle surprise, nous offrant 1h30 de franche rigolade, et parfois même quelques fou-rire.
La distribution des rôles ne fait pas tout mais elle fait beaucoup ! Là, pas énormément de stars, on l’a dit. Pierre Niney est le seul acteur aux multiples rôles derrière lui et, sans surprise, le seul oscarisé. A côté de lui, certains font même leur première apparition au cinéma, comme Idrissa Hanrot dans le rôle de Nestor. Un casting peu attirant me direz-vous, mais qui séduit par sa sincérité. En effet, Five c’est l’histoire d’une bande de pote. Et les cinq acteurs sont des potes, c’est comme s’ils ne jouaient pas de rôle ! Comme s’ils étaient filmés dans la vraie vie, à quelques exceptions près, fort heureusement (on ne spoilera pas ici, conseillons plutôt d’aller voir le film). Ainsi, on retrouve une réelle complicité entre les comédiens et on s’attache facilement à leurs personnages. Quand on est spectateur, on se dit qu’on a tous connu quelqu’un comme Julia, Vadim ou Timothée. Pierre Niney impressionne une fois de plus par la polyvalence de son jeu. Ici, rien à voir avec ses rôles dans Yves Saint Laurent, 20 ans d’écart ou bien Un homme idéal. L’acteur, drôle et juste, ne sert pas seulement de tête d’affiche au milieu des autres. Ce film choral est véritablement un film choral. Chaque acteur donne la réplique à son acolyte, formant des duos et trios au sein même du quintuor. Mention spéciale pour François Civil, hilarant, presque à chacune de ses apparitions.

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Drôle, drôle et drôle

La drôlerie constante du film n’est pas due au simple talent des acteurs qui composent cette colocation. Le réalisateur Igor Gotesman est également scénariste (en plus d’être acteur !). Il nous présente ici un scénario qui tient la route, sans jamais partir dans l’incohérence, souvent trop vue dans les comédies de bas-étages. Les situations comiques sont nouvelles, jeunes, et dynamiques. Jamais lourdes, jamais lassantes, jamais ringardes, les blagues font mouches et s’adressent à tous les publics. Durant plus d’1h30, elles se suivent et s’entremêlent parfois, une scène pouvant avoir un impact plusieurs dizaines de minutes plus tard dans une autres scène par exemple. On a donc ici un scénario très percutant et donc, au final, très dôle.
Seul point négatif ? Le titre. Il ne fait pas bien la promotion du film. En effet, ce dernier n’est pas flamboyant vu qu’il ne fait qu’indiquer le nombre de colocataire embarqués dans cette folle aventure. Ou bien est-ce un clin d’œil plus subtil au fameux « unis comme les cinq doigts de la main », ou dans ce cas précis « the five fingers », si on doit trouver une raison pour justifier le choix du titre en anglais…
Mais c’est bien là le seul et unique point noir de cette réalisation. Un inconvénient qui n’impacte évidemment pas sur la qualité du film, mais seulement sur sa promotion à venir. Une promotion dont Pierre Niney saura sans doute parfaitement s’en acquitter. Pas d’inquiétude à avoir alors ! Igor Gotesman a réussi sa rentrée au cinéma. Ne reste maintenant plus qu’à confirmer avec d’autres productions de ce calibre-là.

Antoine Defives