Fastlife, une course à l’échec couronnée de succès

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Pour son deuxième long métrage devant et derrière la caméra, Thomas Ngijol s’attaque, avec la verve qu’on lui connaît, à un phénomène assez symptomatique de notre époque : l’envie de briller, d’être célèbre, de faire partie de ceux dont on parle.

 

Le réalisateur est aussi l’interprète du personnage principal du film. Franklin Ebagé, 34 ans, est un ancien médaillé olympique du 100 mètres. Au crépuscule de sa carrière d’athlète, il vit aux frais de sa compagne Pauline, interprétée par Karole Rocher. Il rêve toujours de sa gloire passée, et entretient l’illusion qu’il est toujours dans le coup.

 

Franklin est en réalité un looser, certes sympathique, mais totalement déconnecté de la réalité. Il n’arrive pas à avancer, à grandir, et sa quête de reconnaissance est parfois si ridicule qu’elle en devient touchante. C’est là l’intérêt du personnage campé avec justesse et empathie par Thomas Ngijol : il est authentique. Complètement farfelu, mais terriblement sincère.

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Le jusqu’au-boutisme caricatural du personnage principal aurait pu paraître excessif, et finir par lasser le spectateur. Or c’est paradoxalement ce qui le rend crédible et attachant : Franklin est tellement prisonnier de ses illusions qu’il ne peut pas mentir. Si la gloire qu’il recherche est superficielle, elle exprime une recherche identitaire beaucoup plus profonde. Même si le spectateur aura l’occasion de découvrir, dans l’épilogue du film, que Franklin y tient quand même énormément, à son moment de gloire !

 

Qu’on ne s’y méprenne pas, Fastlife est une comédie. Le ton est léger, le rythme est soutenu et les gags s’enchainent. Thomas Ngijol a su créer des situations délirantes qui ne manqueront pas de vous dérider, grâce notamment à un casting convaincant. Franklin n’est pas seul dans son délire. Il est entouré de seconds rôles presque aussi allumés que lui, avec une mention spéciale pour Olivier Marchal (Les Lyonnais, 36 Quai des Orfèvres), qui excelle dans un registre qui n’est pourtant pas le sien.

Louis Hecquet