Hauteur d’hommes

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Cinéaste passionnant, l’Islandais Baltasar Kormàkur (ça c’est un nom qui claque !) se partage depuis dix ans entre sa terre natale pour réaliser des projets personnels (comme le sublime « Survivre » que je vous recommande chaudement) et Hollywood où il a réalisé des commandes certes bien ficelées mais un peu quelconque. Avec son nouvel opus, “Everest”, il tient un projet de rêve à savoir un film à gros budget hollywoodien pour traiter un sujet qui lui tient à cœur. Et quel long métrage !

A l’heure où le cinéma américain se concocte de plus en plus dans des agences de marketing, “Everest” est une proposition rafraîchissante (c’est le cas de le dire) et hors normes à la fois par son traitement d’un thème pourtant déjà vu au cinéma, et par son mode de production. Tourné en grande partie en milieu naturel, en l’occurrence au Népal sous moins trente degrés, le film prolonge son impact émotionnel en adoptant un ton naturaliste.

Loin de l’approche spectaculaire d’un « Cliffhanger » ou d’un « Vertical Limit », “Everest”, dans un style plus épuré, se concentre uniquement sur les enjeux émotionnels et psychologiques de ses personnages. Les scènes d’action y gagnent en puissance et en viscéralité.
Critiquant en toile de fond le business florissant crée autour du tourisme lié à l’Himalaya, le film dresse les portraits attachants et émouvants de fous prêts à risquer leur vie pour atteindre le toit du monde. Les acteurs sont tous extraordinaires.

L’autre grande force de cette oeuvre est son économie de dialogues qui laisse toute la place à l’émotion et surtout aux paysages de montagne. L’Everest est filmé comme une figure divine qui a tout pouvoir sur les petits êtres fragiles que sont ces alpinistes dérisoires. « C’est la montagne qui a le dernier mot. » comme le dit l’un des personnages. Des scènes « glaçantes » (c’est encore le cas de le dire) où la grande faucheuse frappe sans prévenir. La mort n’a jamais été aussi palpable au cinéma.

Projet fou et totalement atypique dans le paysage actuel, “Everest” vous fera atteindre des sommets d’émotion.

Fouad Boudar