Punch line à foison !

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Encore heureux ou « Comment se débrouiller en temps de crise ? ». Ça aurait pu être le titre du nouveau film de Benoit Graffin (le premier depuis 2001 !). Marie (Sandrine Kiberlain) vit dans 20m² avec ses deux enfants et son mari Sam (Edouard Baer) au chômage depuis 2 ans. Pour joindre les deux bouts, la mère vole dans les magasins et le père revend sur internet les objets qu’il récupère dans une benne à ordure. La trame est plantée mais bien trop classique jusque-là pour espérer tenir 1h30 de film. Il fallait donc bien qu’il se passe une petite péripétie improbable pour qu’il y ait une histoire à raconter. Alexia, leur fille, découvre le cadavre de la voisine bourgeoise, chez qui elle répétait son morceau de piano. Elle décide de ne le dire à personne et de conserver le corps pendant que le père revend les objets de luxe sur internet. S’ensuit alors déplacement de cadavre, corruption, faux témoignages, usurpation d’identité, vol d’argent et de propriété, etc. Enfin, sans en dévoiler la fin, tout est bien qui finit bien ! Vous l’aurez compris, le scénario de Encore heureux ne tient pas vraiment debout et entraîne inéluctablement quelques longueurs.
Cependant, le film arrive à nous tenir en haleine jusqu’au bout grâce à deux points forts. Le premier est la pertinence des répliques. Co-scénarisé par Nicolas Bedos, Encore heureux dispose de plusieurs dizaines de punch-line, propre à l’univers du comédien. « ll ne sait rien faire à part laisser pousser sa barbe », « Tout nous accuse, même ta tête », « J’ai Bac+6, je ne pose pas de moquette », les phrases chocs s’enchaînent. Percutantes et souvent drôles, elles rythment et dynamisent le film pendant le déroulement, plutôt lent, de la trame principale.

Un duo complice

Le deuxième point fort de cette réalisation est son casting. Le film est intégralement porté par les acteurs principaux : Sandrine Kiberlain et Edouard Baer, réunis pour la 3eme fois à l’écran. Non, la présence de Benjamin Biolay en bourgeois dragueur n’apporte pas grand-chose au film c’est certain ! Le duo, lui, fonctionne à merveille. Ils se répondent bien et c’est crédible. On croit véritablement à la galère du couple en pleine crise grâce aux répliques qui fusent des deux côtés. Sandrine Kiberlain, la nouvelle coqueluche de la comédie française, césarisée en 2014 pour son rôle dans 9 mois ferme d’Albert Dupontel, revient donc dans un rôle assez similaire, dans lequel elle excelle. Edouard Baer, lui, est toujours aussi juste dans ses prestations.
Un bon petit film de TV, avec du bon et du moins bon. Encore heureux ne casse pas des briques et ne restera probablement pas dans les annales, aux même titre qu’un Intouchable ou qu’un Bienvenue chez les Ch’ti. Avec de grands acteurs mais un petit scénario, on obtient un résultat plutôt moyen (le jeu ne fait pas tout !). Une sympathique comédie à la française, de quoi passer un bon moment en famille devant sa télévision.

 

Antoine Defives