Docteur fol amour

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« Un Village presque parfait » est le remake de « La Grande Séduction » de Jean-François Pouliot, un succès québécois datant de 2004. L’action initiale se déroulait à Sainte Marie la Mauderne, clin d’œil, Saint Loin la Mauderne, le village français, sera jumelé à son homologue de la belle province. Sainte Marie était un village de pêche, Saint Loin sera un village montagnard. Pour le reste la comédie canadienne sera respectée d’une manière assez « plan plan » : les intrigues d’un petit village qui, pour retrouver son dynamisme industriel, se doit de trouver un médecin à demeure en passant par une phase de séduction pour le conquérir, et le faire rester. Que ne ferait-on pas pour le bien de son village ?

Hasard de la vie, le docteur Maxime Meyer (Lorànt Deutsch), suite à un concours de circonstances, se retrouve dans l’obligation de tenter l’aventure au grand air de Saint Loin, le village pyrénéen, la grande séduction peut commencer : se mettre au cricket pour les hommes du village plus habitués à jouer ou à suivre le rugby, s’adapter aux goûts musicaux du doc, à ses goûts culinaires également. Saint Loin la Mauderne, un village où on s’y sent bien.

Si le concept d’ « Un diner presque parfait » était adapté à ce « Village presque parfait » sa note serait de 10 sur 10 pour son cadre et son casting de choix : Didier Bourdon (un peu cabotin), Lionnel Astier, Elie Semoun, Denis Podalydès ou Carmen Maura. Par contre sa note serait de 1 sur 10 pour le caractère convenu de son histoire pourtant originale. Pour se donner une caution dite « sérieuse » on se dira qu’« Un village presque parfait », le premier film de fiction de Stéphane Meunier, l’auteur du documentaire « Les yeux dans les bleus » (1998) aborde de front le thème de la désertification médicale et qu’il suit le parcours d’un personnage qui va évoluer pour devenir plus humain, celui du docteur Meyer.

S’il fallait faire un choix, notre préférence irait sans doute à l’original, pour son caractère exotique (notez que « La grande séduction », film québécois, fit d’abord l’objet d’un remake canadien avant ce présent opus). La version française est quant à elle un peu plus nerveuse, ses deux scènes de cricket sont mieux amenées, pour le reste … La question principale du film est : peut-on fonder une relation durable sur du mensonge ? Qu’on se rassure, la morale sera sauve (et dans l’opus de la belle province, comme dans le film de Stéphane Meunier, l’histoire sentimentale du docteur et de la belle du village, prendra son temps).

François CAPPELLIEZ